Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Yacoub Ould Moine est revenu hier mercredi, au cours de la conférence de presse ministérielle, sur les grandes lignes du projet de décret qu’il a présenté auparavant au conseil des ministres.
Il s’agit d’un projet de décret portant modification du décret n°2021-208 du 23 novembre 2021, portant création, organisation et fonctionnement de l’Institut Supérieur du Numérique (ISN).
Cet amendement vise à adapter le cadre juridique de l’Institut à l’évolution de sa mission, qui inclut désormais la recherche scientifique et l’innovation, confirme son inscription dans le système Licence-Master-Doctorat (LMD) et l’habilite à délivrer des diplômes nationaux, à développer la formation continue, les certifications, les prestations de services et les projets de recherche et d’innovation, ainsi qu’à créer une école doctorale et des structures de recherche spécialisées, selon le Communiqué du Gouvernement.
La révision du texte, vise à faire évoluer le statut de l’Institut, désormais incluant la recherche scientifique et l’innovation dans ses attributions, à travers l’ouverture d’un cycle doctoral, a déclaré Ould Moine.
La création de l’Institut s’inscrit dans le cadre du programme présidentiel concernant le développement technologique, la transformation digitale et l’emploi des jeunes, a rappelé le ministre, selon lequel, l’école toujours misé sur la qualité avec l’introduction de 5 filières en licences (l’ingénierie des données et des statistiques, l’ingénierie des systèmes connectés, la robotique, le développement des systèmes d’information, le développement web et multimédia, ainsi que les réseaux, systèmes et sécurité de l’information) entre 2021 et 2024 et de 2 filières en master (l’intelligence artificielle et la cybersécurité) entre 2024 et 2026. Désormais, un cycle doctoral sera disponible.
Le ministre a déclaré que l’Institut qui compte 700 étudiants, a un taux d’insertion de ses sortants de l’ordre de 100%. Cette institution, d’après lui, forme les jeunes aux métiers d’aujourd’hui et de demain, les rendant compétitifs dans un contexte professionnel exigeant, surtout avec la démocratisation du travail à distance.
Ainsi, ce nouvel arc permettra de renforcer le travail effectué dans un cadre ou les étudiants bénéficient de 5 laboratoires spécialisés et disposent un bâtiment moderne d’une valeur de 1,5 milliards d’ouguiyas.
En matière de coopération, le ministre a souligné qu’une coopération académique de qualité est entretenue avec plusieurs pays, dont la Tunisie, le Maroc ou encore la France. Ceci est de nature à améliorer la qualité des formations et l’ouverture de perspectives d’échanges internationaux.
Interpellé sur la question des bourses d’études, le ministre a balayé du revers de la main les allégations selon lesquelles des ayant droit ont été spoliés. D’après lui, le nombre d’étudiants boursiers s’élève à 20 452 sur un total de 48 638 étudiants, selon des critères spécifiques définis par un décret émis l’année dernière, avec la possibilité de les réviser et de les actualiser chaque année.
Selon lui, il y a plusieurs catégories de boursiers. La première est celle des étudiants issus de familles vulnérables et dont les parents sont enregistrés au registre social. Le ministère demande chaque année, à Taazour de lui fournir la base de données avec de procéder aux traitements des demandes avec une révision annuelle, car le registre n’est figé.
Ensuite il y a le critère de la décentralisation. Les étudiants qui sont inscrits dans les établissements situés en dehors de Nouakchott, dans des villes comme Aleg, Aioun, Nouadhibou, Rosso ou encore Zouerate, ont automatiquement droit à la bourse. Celle-ci sera cependant être retirée si l’étudiant déménage à Nouakchott.
Le mécanisme est dynamique, permettant de s’adapter aux situations, qui elles aussi, évoluent a fait remarquer le ministre. Dans ce sens, il a précisé que les bourses d’excellence sont attribuées suivant les spécialités, avec une continuité tant que les résultats académiques sont excellents. Elles sont annulées en cas de baisse du niveau.
Pour ce qui est des critères liés aux résultats du baccalauréat, la répartition est faite comme suit :500 des meilleurs élèves de la filière des sciences naturelles, 500 de la filière mathématiques, 250 de la filière lettres modernes, 250 de la filière lettres originelles, ainsi que tous les admis au baccalauréat technique.
Le ministre a affirmé que ces mesures ont contribué à augmenter le nombre de bénéficiaires, passant d’environ 9 000 à plus de 20 000 étudiants en deux ans.
Le ministre a assuré que le processus d’octroi des bourses est digitalisé afin d’être équitable et transparent, soulignant que le département a publié sept communiqués adressés aux étudiants qui souhaitent déposer des demandes de bourses. Il a signalé que le nombre d’inscrits sur la plateforme s’élève à 18 700 étudiants sur 20 452 éligibles, ce qui signifie qu’environ 1 700 étudiants ne se sont pas inscrits malgré leur éligibilité.
Concernant l’assurance maladie, le ministre a indiqué que 46 000 cartes d’assurance maladie pour les étudiants sont déjà disponibles, les invitant à les récupérer. Il a également annoncé la mise en place mécanisme de transport gratuit pour les étudiants issus de familles inscrites au registre social, avec une liste de 10 000 bénéficiaires, dont 5 000 étudiants se sont déjà manifestés jusqu’à présent.
