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USA-IRAN:Le Dilemme américain

Les conséquences d’une intervention militaire américaine contre l’Iran seraient potentiellement catastrophiques. Elles déstabiliseraient toute la région, déclencheraient une guerre de l’information et forceraient les alliés des américains à prendre position dans une nouvelle crise mondiale.

L’Iran a par ailleurs clairement annoncé qu’il ne resterait pas sans réagir et que ses ripostes ne se limiteraient pas au théâtre d’une attaque.

Les cibles potentielles des représailles iraniennes (selon les déclarations officielles et les analystes) seront les bases américaines dans toute la région (Irak, Qatar, Émirats Arabes Unis, etc.) et Israël, considéré comme un allié indissociable des États-Unis dans cette confrontation.

La fermeture possible du détroit d’Ormuz (par lequel transite 21% du pétrole mondial) est aussi envisageable ou possibilités d’attaques contre des navires.

Le réveil des alliés régionaux via des groupes soutenus par l’Iran comme le Hezbollah au Liban qui pourront venir à la rescousse de l’Iran.

Sur le plan international,les voisins du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar, Émirats Arabes Unis) ont clairement indiqué qu’ils n’autoriseraient pas l’utilisation de leur territoire ou de leur espace aérien pour attaquer l’Iran, par crainte d’un embrasement régional.Mais pourront-ils résister à une pression américaine ?

L’Iran peut compter par ailleurs sur le soutien de la Russie (aide militaire, contournement des sanctions) et de la Chine (principal acheteur de son pétrole). La question iranienne deviendrait un nouvel échiquier de la rivalité sino-américaine.

Dans cette guerre qui ne dit pas son nom et dont les remises salves tirées se font par la communication ,les États-Unis sont face à un dilemme majeur.

L’administration Trump cherche avant tout à obtenir des « concessions substantielles » de l’Iran sur son programme nucléaire, balistique et son influence régionale. Un changement de régime n’est pas l’objectif premier, et une intervention pour « aider » le peuple iranien est considérée comme peu crédible.

Washington privilégierait plutôt des frappes aériennes ciblées (comme celles de juin 2025 sur des sites nucléaires) ou des cyberattaques, excluant une invasion terrestre. Des sanctions économiques accrues sont aussi sur la table.

Mais l’administration américaine est divisée et craint de s’engager dans une guerre longue et coûteuse sans stratégie claire pour « le jour d’après », surtout en année électorale.

En résumé, une intervention américaine déclencherait très probablement une escalade militaire régionale avec des représailles iraniennes et de ses alliés contre les intérêts américains et israéliens.

Une nouvelle fracture géopolitique verra le jour, alignant la Russie et la Chine derrière l’Iran contre les États-Unis et leurs alliés réticents.

 

Soutien à l’aide publique à la presse : vers l’exclusion des sites web obsolètes, journaux non publiés ou chaînes fermées

La Mauritanie renforce le soutien à sa presse en s’inspirant du modèle marocain, visant une meilleure régulation et un professionnalisme accru. Avec un classement parmi les premiers pays arabes en liberté de la presse, la Mauritanie s’efforce d’améliorer les conditions de travail, bien que le Syndicat des journalistes mauritaniens réclame une révision des critères de l’aide.

C’est dans le cadre de cette approche, que témoignant de sa volonté d’institutionnaliser le soutien à la presse, et malgré les difficultés persistantes du secteur des médias, la commission chargée de la gestion et de la distribution des ressources du Fonds public de soutien à la presse indépendante a annoncé l’ouverture des candidatures pour les institutions et organisations de presse souhaitant bénéficier d’un soutien public aux organes de communication au titre l’année 2025.

La commission a fixé la période de dépôt des candidatures du 21 au 31 janvier 2026, en adoptant des critères transparents et équitables, et en mettant l’accent sur le soutien à la formation, le développement des compétences et la promotion de l’excellence journalistique.

La commission a souligné que les institutions inactives en 2025 – sites web obsolètes, journaux non publiés ou chaînes n’ayant pas diffusé de programmes d’information – ne seront pas éligibles. Elle a également précisé que le respect de la réglementation publicitaire constituera un critère préférentiel lors de l’évaluation des candidatures.

Cette mesure intervient dans le cadre d’une réforme progressive du système médiatique, au moment même où les milieux journalistiques attendent la décision de la Cour constitutionnelle sur certaines questions juridiques encadrant le secteur, ce qui fait de ce soutien une étape transitoire confirmant la volonté officielle de continuer à soutenir le journalisme et à renforcer son professionnalisme.

Biram : le régime cherche à « redorer son image » sans faire de véritables concessions.

Biram Dah Abeid News Rim

Dans une démarche perçue comme une nouvelle tentative pour sortir de l’impasse et relancer le processus de consensus national, le Coordonnateur du Dialogue national, Moussa Fall, a entamé des réunions et des séances de travail avec les dirigeants des partis au pouvoir et d’opposition.

[m1] Ces rencontres s’inscrivent dans le cadre des préparatifs en cours pour le dialogue politique inclusif convoqué par le Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani.

Selon des sources bien informées, l’ordre du jour de ces réunions préliminaires a été finalisé.

Le Coordonnateur national rencontrera trois représentants des partis d’opposition participant au dialogue : Samory Ould Bey, Sidi Ould El Kori et Mokhtar Tall.

Il rencontrera également trois représentants des partis affiliés à l’institution de l’opposition démocratique : Hamadi Ould Sidi El Mokhtar, Abdessalam Ould Horma et Amadou Tidiane Diop. Le parti du Rassemblement des Forces Démocratiques sera représenté quant à lui à ces réunions par Yacoub Diallo.

La liste des participants issus des partis au pouvoir comprend également Mohamed Ould Bilal, Mohamed Yahya Ould Horma, Saleh Ould Hanena, Mohamed Jemil Mansour, Outhmane Cheikh Abou El Maali et Mohamed Ould Taleb, témoignant d’une volonté officielle d’associer différents courants politiques en vue d’un dialogue inclusif et ouvert aux questions fondamentales.

L’accord de ces partis pour participer à la préparation du dialogue limite son boycott à la position toujours défendue par le député Biram Dah Abeid.

Dans ses dernières déclarations, le député Biram Dah Abeid a averti que la participation d’une partie de l’opposition à ce dialogue politique représente un « pari politique » dont ils paieront le prix ultérieurement, compte tenu, selon lui, de l’absence de conditions propices à un dialogue sérieux, susceptible de produire des résultats concrets et de freiner ce qu’il a qualifié d’abus de pouvoir.

Ould Abeid a souligné que « les expériences de dialogue passées ont démontré leur incapacité à engendrer un véritable changement », considérant que la domination des hauts gradés militaires, des oligarques politiques et de l’argent corrompu continue de contrôler les leviers du pouvoir. Il a également décrit l’espace politique comme « fermé » et contrôlé par une « démocratie sur mesure », insistant sur le fait que tout dialogue sérieux exige la garantie des libertés politiques et l’abandon des monopoles du pouvoir.

Ould Abeid a affirmé que « les conditions actuelles du dialogue, notamment les restrictions imposées à l’opposition et aux droits de manifester et de s’organiser, ne permettent pas son succès », avertissant que le régime cherche à « redorer son image » sans faire de véritables concessions.

Il a conclu en réaffirmant le maintien du boycott par son groupe, membre de la coalition opposée au dialogue, et en réitérant son appel à un dialogue authentique qui s’attaque aux crises du pays et mette fin à la corruption et à l’impunité.

[m1]c

Ould Diay : le surplus en légumes et pommes de terre prévu dans une ou deux années sera exporté à l’extérieur

Le Gouvernement œuvre à la réalisation d’une révolution agricole en Mauritanie, a affirmé le Premier ministre Mokhtar Ould Diay, selon lequel, la pandémie de la “COVID-19” a fait naître la conviction de la nécessité d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Les mécanismes nécessaires sont disponibles, à savoir les terres agricoles, l’eau et la main-d’œuvre, a ajouté le Chef du Gouvernement, au cours de son grand Oral, le week-end dernier à l’Assemblée nationale, , à l’occasion de la présentation devant les députés du bilan 2025 et des perspectives 2026 de l’action de son équipe.

Toujours selon lui, l’autosuffisance a été atteinte dans le domaine du riz, avec des progrès notables dans le domaine des légumes, où un bond en avant a été réalisé dans la production, en plus de la fourniture des financements nécessaires à ce secteur.

L’autosuffisance sera atteinte au cours d’une ou deux années, a affirmé Ould Diay, disant qu’un surplus dans le domaine des légumes et des pommes de terre, sera exporté dans les mêmes délais, générant ainsi des devises.

Notes d’un Professeur

Moi, je dérange. Je traîne avec moi une tare que nulle rédemption ne corrige : la mémoire. Dans cette ville de sable et d’amnésie, se souvenir est un défaut social, une entrave à l’ascension, presque une faute morale. Ici, tout le monde se réinvente, renie son passé pour ne pas entraver son présent tant il le contredit.

Je les observe défiler dans leurs voitures rutilantes, vitres fumées telles des paupières closes sur ce qu’ils furent. Je les ai connus quand leurs vêtements n’étaient que lambeaux de dignité, quand la poussière adhérait à leur peau comme une vérité indélébile. Aujourd’hui, ils drapent leur médiocrité dans des costumes importés et manient le verbe avec l’assurance de ceux qui ont compris : le pouvoir ne naît pas de l’action, mais de l’art de baratiner, volubile, flagorneur, parlant fort et longtemps sans rien dire de substantiel.

Ils ont appris à discourir avant d’apprendre à bâtir. Leurs mots ne nomment plus le réel, ils le maquillent.

Regardez cet homme, là-bas, dans l’hémicycle feutré. Hier encore, il faisait antichambre pour mendier une audience ; aujourd’hui, il incarne l’État. Son secret ? Ni génie, ni courage. Il est simplement protéiforme. Un caméléon sémantique.

Avec le puissant, il adopte une voix de soie, des phrases sinueuses où la loyauté rampe dans chaque virgule. Avec l’étranger, il déploie un lexique calibré : « ouverture », « réformes », « dialogue inclusif » — monnaie d’échange pour rassurer les bailleurs de fonds. Avec l’ami comme avec l’ennemi, il se fait serpent : mielleux en surface, mortel dans le silence subséquent. Cyberharcèlement au besoin.

Ici, l’éloquence néfaste a dévoré la vertu.

Certains sont devenus méconnaissables. La misère s’est retirée de leurs traits comme une marée basse. En Mauritanie, soyons lucides : devenir richard en un clin d’œil n’a rien d’un miracle divin. Il suffit de trouver le bon tunnel, d’en verrouiller l’entrée, et l’on se retrouve propulsé manu militari au sommet de la pyramide.

À Nouakchott, l’ascension n’est pas une escalade, c’est une éjection. Le matin, tu comptes tes quelques ouguiyas pour un thé amer, tu joues ton destin au poker des alliances, tu courtises l’ombre des grands, tu danses la nuit lors des mariages des nantis. Le soir, tu trônes à la table des notables. Tu es devenu la « coqueluche », la nouvelle cible des prédatrices de salon. Tu as ta part du gâteau, tu es respecté.

C’est une alchimie brutale. On change de quartier, de femme, d’amis. Mais surtout, on change de lexique. Les mots besoin, faim, justice ou compassion sont rayés d’un trait de plume. Ils cèdent la place à partenariat, stabilité, influence. La pitié a laissé place au mépris souverain des parvenus.

Le problème n’est pas qu’ils montent. Le drame, c’est qu’une fois juchés sur les hauteurs, ils brûlent l’échelle. Ils s’assurent que nul ne viendra leur rappeler l’odeur de la sueur dont ils sont issus.

Moi, j’écris tout cela dans un carnet usé. Je suis le grain de sable dans leur mécanique de velours. Un ami aisé — exception à la règle de cette bourgeoisie indue — m’invite par habitude. À mon arrivée, ils fuient mon regard. Ils savent que je possède la table de conjugaison de leur imposture.

Récemment, lors d’une réception mondaine sous des lumières froides, l’un d’eux s’est avancé vers moi. Il m’a reconnu avant que je n’esquisse un geste. Son sourire était de porcelaine, mais ses yeux ont vacillé une fraction de seconde : le temps pour l’enfant qu’il fut de trahir l’homme qu’il feignait d’être.

— Professeur…

Le mot a ricoché contre ses dents trop blanches. C’était un ancien de ma promotion. Jadis discret, brillant par son absence de scrupules plutôt que par son travail. Aujourd’hui ? Conseiller spécial de je ne sais quelle éminence. Costume italien, montre suisse, conscience sous garantie. Il m’a débité son chapelet de « vision stratégique » et de « réalisme politique ». Je l’ai laissé parler. Le silence est parfois la plus cruelle des autopsies.

Je lui ai demandé, d’une voix neutre :
— Et la justice, tu l’as rangée dans quel tiroir ? Tu te rappelles quand tu as abandonné l’école ? Comment es-tu devenu haut fonctionnaire ?

Il a ri. Un rire sec, institutionnel, sans joie et sans honte. À cet instant, j’ai compris que je ne parlais plus à un homme, mais à une fonction. L’élève paresseux et opportuniste avait muté en un rouage parfaitement huilé.

Je l’ai regardé s’éloigner, porté par les applaudissements polis et les complicités de couloir. Je suis resté seul avec mon carnet et ma mémoire. Dans ce pays qui redoute ceux qui se souviennent, je continuerai de noter chaque trahison. Car tant qu’un seul mot vrai survivra dans l’ombre, leur mensonge ne sera jamais tout à fait tranquille.

L’Orfèvre des Nuits Discrètes

À la périphérie de ce cercle d’hommes aux ventres repus, elle est apparue. Elle ne marche pas, elle glisse, portée par une aura qui fait taire les conversations à son passage. Zahra.

Dans l’amphithéâtre de mes souvenirs, elle était déjà cette beauté incendiaire, capable de dérégler la respiration des garçons d’un simple regard. Mais la beauté, en Mauritanie, n’est qu’un capital. Zahra l’a compris très tôt : la sienne ne serait pas gaspillée dans les corvées domestiques d’un mariage de quartier. Elle en a fait un levier, une arme de précision, une clé ouvrant les coffres-forts les plus hermétiques.

Elle est devenue la « chasseuse en série » des sommets. Sa proie ? Le haut fonctionnaire en mal d’exotisme ou l’homme d’affaires dont le compte en banque déborde autant que l’ennui conjugal.

Le contrat de l’ombre

Sa méthode est d’une efficacité chirurgicale. Elle ne demande pas de bijoux ; elle propose un pacte : le mariage secret. Elle offre l’illusion de la passion pure, loin des exigences familiales et des obligations de l’épouse légitime. En échange, elle érige son empire. Un terrain à Soukouk, une villa à Tevragh Zeina, des contrats pour son établissement. Chaque « oui » prononcé devant un marabout complaisant ajoute un étage à son ascension.

Elle ne collectionne pas les amants ; elle collectionne les titres de propriété.

Le duel des regards

Elle s’est approchée de moi, sa melhafa de soie multicolore exhalant un parfum de oud qui vaut peut-être mon salaire annuel.

— Toujours avec votre carnet, mon pauvre professeur ? me lança-t-elle, une lueur de défi dans ses yeux sombres. Tu dois être fatigué d’écrire tes leçons et tes poèmes au tableau. Tes amis prospèrent pendant que tu crèves dans l’enseignement. La vie est plus douce quand on ferme un peu les yeux… et qu’on ouvre habilement la bouche. Tu aurais pu accéder à la bonne société. Tu as choisi un métier qui ne permet pas de s’épanouir, même en regardant tes élèves qui te surpassent en réussite. L’enseignement est un métier ingrat. Qu’as-tu accompli ? La retraite n’est pas loin… Écoute, pauvre professeur têtu : l’innocence et la rectitude ne remplissent ni le ventre ni le réservoir d’une voiture de luxe, murmura-t-elle avec un sourire qui n’atteignait plus ses yeux. Dans ce pays, Professeur, on est soit prédateur, soit bétail. J’ai choisi mon camp. C’est un conseil que je te donne : tant que tu seras enseignant, tu habiteras dans un quartier pauvre. Tu as choisi le bétail.

Elle s’est éloignée pour rejoindre un ministre qui tremblait légèrement en l’accueillant. Elle est le miroir de notre société : une beauté de façade bâtie sur des secrets honteux, une richesse accumulée dans les alcôves du pouvoir.

Moi, j’ai noté la métamorphose de Zahra, l’orfèvre des nuits discrètes, celle qui transforme les serments clandestins en lingots d’or. Elle aussi brûle l’échelle, mais elle le fait avec une allumette de luxe, tout en vous regardant droit dans les yeux.

Voilà. Je dérange. Je ne suis pas le bienvenu. C’est ennuyeux…

Eléya Mohamed
Notes d’un vieux professeur

* Titre non officiel : Carnet : notes d’un professeur sur le paradoxe d’ascension dans le sérail et de luxe dans la société* ‘

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