par Webmaster | 10 05 26 | Actualitès, Justice, Politique
En Mauritanie, comme ailleurs, la détention provisoire d’un avocat est perçue comme une atteinte à l’indépendance de la profession d’avocat, surtout lorsqu’elle concerne des délits d’opinions ou de cybercriminalités. Jeter un avocat en prison, ce n’est pas seulement un individu que l’on enferme, c’est tout un pan du système judiciaire et démocratique qui est ébranlé. La robe de l’avocat est le symbolique de la justice, la paix et la défense des droits. Dans un système juridictionnel et démocratique l’avocat est un auxiliaire de justice, qui assure les droits de la défense et contribue à l’indépendance de la justice. Lorsque celui-ci est emprisonné pour des prétendus délits ce que le régime politique dans lequel il exerce a atteint son paroxysme. Sans l’avocat, la machine judiciaire ne peut fonctionner de manière équitable et impartiale. Son emprisonnement porte atteinte le droit à la défense, le secret professionnel….
Maître Ould Zerrough a été interpellé et placé en détention provisoire pour des faits qualifiés selon le parquet : « d’atteinte à l’unité nationale et à la cohésion sociale… ». En ces instants particulièrement éprouvants, je tenais à lui adresser toute ma solidarité. Au-delà des circonstances, je souhaite également lui témoigner tout mon respect pour son engagement en faveur de la justice et l’état de droit dans l’exercice de sa profession. La dignité de l’avocat et l’importance fondamentale des droits de la défense sont des principes qui ne doivent pas faiblir, quelles que soient les épreuves rencontrées.
Dans cette affaire, je me pose une seule et unique question : l’emprisonnement de maître Zerrough est-il vraiment nécessaire pour l’enquête ? La réponse est non !
En droit pénal, la détention provisoire est censée être l’exception. Pour éviter l’incarcération de l’avocat avant le procès, le magistrat en charge de ce dossier dispose de plusieurs outils alternatifs pour le maintenir à la disposition de la justice tout en respectant sa liberté. Le magistrat pouvait ordonner une mesure de contrôle judiciaire : C’est la mesure alternative la plus courante. La personne reste libre, mais elle est soumise à une ou plusieurs obligations fixées par le juge ; il pouvait également ordonner la mesure de l’assignation à résidence. Mais hélas, le magistrat a préféré botter en touche toutes ses mesures alternatives…. A mon sens, sa détention provisoire constitue une mesure punitive avant son procès et porte atteinte à l’honneur et la dignité de la profession d’avocat.
Par ailleurs, l’avocat a droit à la communication quel que soit le support. Si Maître Ould Zerrough aurait commis de manquements graves aux règles déontologiques de la profession d’avocat dans sa communication, l’autorité de poursuites est le bâtonnier et non le procureur, l’organe juridictionnel est le conseil de l’ordre et non le tribunal judiciaire pour des prétendus délits.
En définitive, si l’avocat en exercice de ses fonctions et le député sous immunité parlementaire ne sont pas protégé dans une république, aucun citoyen ne l’est. Au regard de ces faits, la justice a montré ses limites qu’elle ne pouvait plus protéger et porter la paix en Mauritanie.
Qu’Allah protège la Mauritanie et les Mauritaniens.
Docteur BA
par Webmaster | 10 05 26 | Actualitès, Politique
Le Comité permanent du parti El-Islah salue le retour des dirigeants du mouvement «FLAM» de l’exil tout en affirmant la volonté du parti de coopérer avec eux pour renforcer la stabilité, le vivre-ensemble et le développement du pays
Le Comité permanent du parti El-Islah s’est réunie le samedi 9 mai 2026 sous la présidence du Président du parti, Maître Mohamed Ould Talebna. À cette occasion, le Comité a salué les progrès réalisés par le parti sur les plans interne et externe, appelant à redoubler d’efforts afin d’élargir son implantation et, de renforcer sa présence politique à l’échelle nationale.
A cette occasion, le Comité a examiné les sept axes principaux suivants:
I. Le dialogue national :
Le parti a réaffirmé son attachement au dialogue initié par le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, estimant que le retard des concertations préparatoires ne signifie pas l’échec du processus, mais constitue plutôt un test de sérieux politique. Le parti a insisté sur la nécessité d’un dialogue inclusif, responsable et productif, sans exclusion ni conditions préalables.
II. La situation économique et sociale :
Le Comité a salué la rencontre entre le Président de la République et les chefs de partis politiques, ainsi que les efforts du gouvernement pour atténuer les effets de la crise énergétique mondiale. Il a toutefois appelé à des mesures plus audacieuses afin de protéger le pouvoir d’achat des citoyens face à la spéculation et à la hausse des prix.
III. La citoyenneté égalitaire :
Le parti a exprimé son soutien à l’initiative de la « citoyenneté égalitaire », qu’il considère comme un projet national de justice et d’unité. Il a rejeté les discours de haine et l’exploitation politique des identités, tout en soulignant la nécessité de traiter les séquelles de l’esclavage et les déséquilibres sociaux dans un esprit de responsabilité nationale et morale.
IV. L’intégration sociale:
Le parti a salué les efforts du Président de la République dans les domaines de l’éducation et de l’inclusion sociale, notamment à travers l’école républicaine et les différents programmes de «Taazour ».
V. La dynamique du parti :
La Commission a mis en avant les nouvelles adhésions au parti ainsi que son dynamisme médiatique et intellectuel, notamment à travers les tables rondes, les ateliers politiques et les rencontres avec la presse, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre le développement des performances du parti et sa préparation aux prochaines échéances électorales.
VI. Hommage aux travailleurs et à la presse:
Le parti a rendu hommage aux travailleurs mauritaniens et à la presse nationale à l’occasion de la fête du Travail et de la Journée mondiale de la liberté de la presse, réaffirmant son soutien à leurs revendications légitimes.
VII. Communication de masse:
Le comité permanent a souligné l’importance de renforcer la présence médiatique du parti à travers les différentes plateformes et les médias nationaux.
VIII. conclusions:
Le comité permanent s’est félicité de l’ouverture de 50 sièges du parti dans les moughataas et, a appelé les militants à poursuivre leur soutien financier et organisationnel.
Le comité a également adressé ses félicitations au Président de la République pour sa gestion des dossiers diplomatiques et sécuritaires et, a salué le retour des dirigeants du mouvement «FLAM» de l’exil, tout en affirmant la volonté du parti de coopérer avec eux pour renforcer la stabilité, le vivre-ensemble et le développement du pays.
Le Comité permanent du Bureau exécutif du Parti El-Islah
par Webmaster | 9 05 26 | Actualitès, Politique
Le parti El Insaf au pouvoir a annoncé aujourd’hui samedi 9 mai courant à Nouakchott, les résultats de la deuxième session ordinaire de son bureau politique, qui a discuté du bilan des activités du parti entre les deux sessions et de son programme pour la prochaine étape.
Le bureau politique a approuvé un ensemble de décisions, dont les plus importantes ont porté sur la mise à jour du discours politique du parti, le plan de renouvellement des instances du parti, ainsi que l’adoption du cadre stratégique de financement et du plan médiatique, et le programme de travail pour la période à venir.
Insaf a également réitéré son soutien à l’approche gouvernementale en matière de réforme et de stabilité et a salué les efforts liés à la protection du pouvoir d’achat et au renforcement de l’ouverture politique.
Le parti a souligné enfin son attachement à l’option du dialogue national et la poursuite du soutien au programme de réforme du Président de la République.
par Webmaster | 9 05 26 | Actualitès
Les réseaux sociaux ont relayé une photo qui serait celle du ministre des Domaines, du Patrimoine de l’Etat et de la Réforme Foncière Niang Mamoudou qui assistait à une réunion du bureau politique au Centre International des Congrès Moktar Ould Daddah.
Sur cette photo, le ministre serait entrain de fumer dans la salle de réunion. Malheureusement, il est clair que cette photo est un montage grossier qui ne reflète pas la réalité.
En réalité, il s’agit d’une ancienne photo dont l’usage en ce moment précis dénote d’une malveillance notoire et regrettable.
Une manœuvre malsaine qui a pour objectif de présenter à l’opinion publique une information tronquée afin d’une volonté manifeste de l’induire en erreur.
Ce genre de manipulation montre combien il est nécessaire de s’assurer de la véracité ce genre de contenus afin de le relayer surtout quand cela concerne des personnalités publiques ou des cérémonies officielles.
La publication de photos hors de leur contexte contribue à la propagation de fausses informations et l’induction erreur des citoyens.
par Webmaster | 9 05 26 | Actualitès, Éducation
Nouakchott, jeudi 7 mai 2026 – La salle de conférence du Conseil régional de Nouakchott a abrité jeudi dernier la présentation d’un projet scientifique d’exception. Le nouveau laboratoire numérique StochArena, dédié aux sciences du hasard, aux probabilités et au calcul stochastique, a été dévoilé devant un public nombreux et attentif. Créé par le Dr Mohamedou Sy, StochArena est une plateforme multilingue accessible en français, anglais et Pulaar/Fulfulde.

Dans un geste symbolique fort, Dr Sy a présenté l’ensemble de sa démonstration en Pulaar, mettant en évidence la capacité de cette langue à porter des concepts scientifiques avancés et à s’intégrer pleinement dans le numérique. Le public a ainsi pu suivre des simulations interactives, et découvrir les fonctionnalités de la plateforme dans une langue riche et vivante.
La présentation a réuni des personnalités engagées de longue date pour la promotion et l’enseignement des langues nationales. Parmi elles : Bocar Amadou Ba, président de l’Association pour la Renaissance du Pulaar en Mauritanie (ARPRIM), et Dia Amadou Oumar, ancien président de l’association, témoignant de leur soutien constant aux initiatives qui intègrent les langues nationales dans le numérique et la science. Étaient également présents Dr Mbouh Seta Diagana, Directeur de l’Institut pour la Promotion des Langues Nationales (IPELAN).
Ont également été conviés à l’évènement des représentants du monde académique et de la société civile, parmi lesquels les enseignants et chercheurs Professeur Sow Samba, Professeur Ba Mamadou Kalidou et Professeur Sy Alhuseynou, des économistes tels que Amadou Oumar Ba, ancien cadre à la Banque mondiale, ainsi que les députés Kadiata Malick Diallo, Khally Diallo, et Sammba Thiam pour le monde politique. Tous étaient venus découvrir les possibilités offertes par la plateforme pour l’enseignement et la vulgarisation scientifique.
La présentation a été animée avec dynamisme par Doro Guèye, professeur de mathématiques et propriétaire de Golal Média.
À l’issue de la séance, le président de l’’ARPRIM a tenu à féliciter chaleureusement le Dr Sy pour son immense plaidoyer en faveur des langues africaines, et pour sa démarche innovante consistant à intégrer le Pulaar dans le numérique scientifique.
Selon le Dr Mohamedou Sy, StochArena vise à rendre les sciences du hasard accessibles et interactives, notamment pour les jeunes et les étudiants africains. Il a précisé que la plateforme est ouverte à toutes les langues nationales, et qu’elle n’attend que des volontaires pour enrichir ses contenus dans d’autres langues, soulignant ainsi son ambition inclusive et panafricaine. L’utilisation du Pulaar/Fulfulde sur la plateforme permet non seulement de préserver et valoriser la langue, mais également de préparer des ressources pour l’intelligence artificielle et l’enseignement numérique dans les langues nationales.
La dimension multilingue de la plateforme est stratégique : en plus du Pulaar, l’anglais et le français permettent aux utilisateurs d’accéder à des contenus scientifiques internationaux et de favoriser une diffusion plus large des connaissances stochastiques. Cette initiative démontre que la science et le numérique peuvent être pleinement accessibles dans une langue locale, offrant un exemple concret de l’enseignement bilingue ou multilingue dans les écoles et universités africaines.
La journée du 7 mai 2026 restera gravée comme un moment symbolique où science, numérique et culture locale se sont rencontrés, ouvrant de nouvelles perspectives éducatives et linguistiques. StochArena s’annonce comme un outil incontournable pour les chercheurs, enseignants, étudiants et passionnés, et illustre parfaitement comment le Pulaar peut devenir une langue de science, de technologie et d’innovation.
En conclusion, cette présentation souligne que le progrès scientifique n’exige pas l’abandon des langues nationales. Au contraire, le numérique peut devenir un puissant allié de leur valorisation, et StochArena ouvre la voie à de nouvelles initiatives pour l’éducation, la recherche et l’intelligence artificielle en langues africaines, tout en restant ouverte à l’ensemble des langues nationales.
Fooyre Ɓamtaare
par Webmaster | 9 05 26 | Actualitès, Sociétés
Dans le paysage encore discret mais profondément vivant de la littérature mauritanienne contemporaine, Au crépuscule des traditions surgit comme un roman poignant, humain et résolument actuel. À travers une écriture sobre, sensible et parfois crue, Sidi Ahmed Cheine interroge les fractures d’une société en pleine mutation, tiraillée entre héritage ancestral et modernité.
Le roman plonge le lecteur dans la Mauritanie profonde, au cœur d’un univers nomade fragilisé par la sécheresse, les bouleversements sociaux et l’exode vers les villes.
Dès la préface, l’auteur plante le décor : un monde ancien s’efface lentement sous la pression des transformations climatiques et sociales. Les solidarités traditionnelles, les valeurs tribales et les modes de vie ancestraux se heurtent désormais à l’individualisme et aux exigences d’une vie urbaine souvent impitoyable.
Au centre du récit se dresse la figure de Mrayouma, jeune fille rebelle, intelligente et farouche, livrée très tôt à un mariage imposé avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle. Refusant d’être broyée par le poids des traditions, elle tente de tracer sa propre voie. À travers ce personnage féminin fort et complexe, l’auteur explore avec finesse les questions de liberté, de dignité, d’émancipation et de résistance sociale.
L’un des grands mérites du roman réside dans sa capacité à restituer avec authenticité les réalités socioculturelles mauritaniennes. Les scènes de vie collective, les préparatifs de cérémonies, les croyances populaires, les rapports de solidarité entre villageois ou encore le recours aux faqihs et aux pratiques mystiques donnent au texte une profondeur anthropologique remarquable. Le lecteur est transporté dans un univers vivant, presque palpable, où les odeurs, les silences et les tensions sociales prennent corps.
Le style de Sidi Ahmed Cheine se distingue par une narration fluide et imagée. Certaines descriptions frappent par leur intensité psychologique, notamment lorsqu’il évoque l’état de détresse intérieure de Mrayouma, tiraillée entre désespoir, colère et désir d’évasion. Le roman évite toutefois le manichéisme : les traditions ne sont ni caricaturées ni entièrement condamnées ; elles apparaissent plutôt comme un héritage complexe, parfois protecteur, parfois oppressant.
Au-delà du destin individuel de son héroïne, Au crépuscule des traditions raconte aussi l’histoire d’un pays confronté à ses propres contradictions. Il pose une question universelle : que reste-t-il d’une identité lorsque les repères qui la fondaient commencent à disparaître ?
Œuvre sociale, roman initiatique et témoignage culturel à la fois, ce livre mérite une place particulière dans les bibliothèques de tous ceux qui s’intéressent à la Mauritanie, aux mutations du Sahel et aux combats silencieux des femmes dans les sociétés traditionnelles.
Avec ce roman dense et habité, Sidi Ahmed Cheine confirme une plume prometteuse, capable d’allier mémoire, émotion et regard critique sur son époque.
Au crépuscule des traditions est bien plus qu’un roman : c’est une traversée sensible d’un monde qui vacille entre disparition et renaissance. Il s’inscrit dans une ligne de préoccupation ancienne qui prend sa source dans la naissance d’une Afrique, sortie des entrailles d’une colonisation, qui devait ouvrir les yeux sur une réalité : l’effacement des traditions africaines. Au XXe siècle déjà, des auteurs comme le burkinabè Nazi Boni (1909 – 1969) s’en étaient préoccupés.
Dans son roman Le Crépuscule des Temps anciens, publié en 1962, il décrit une société africaine traditionnelle bouleversée par la colonisation ; mettant en évidence la disparition progressive des coutumes, des croyances et des structures communautaires face à l’influence occidentale.
Plus de soixante ans plus tard, Au crépuscule des traditions reprend ce même questionnement dans un contexte différent. Chez Nazi Boni, on trouve une volonté de sauvegarder la mémoire culturelle des peuples africains au moment où les anciens repères s’effondrent. Chez Sidi Ahmed Cheine, ce ne sont plus seulement la colonisation ou l’influence étrangère qui menacent les traditions, mais aussi les mutations sociales, l’urbanisation, la sécheresse, l’exode rural et l’individualisme moderne. Le monde nomade mauritanien apparaît fragilisé, tandis que les solidarités ancestrales se désagrègent progressivement. C’est ce qui constitue en soi une originalité dans la démarche littéraire de l’auteur mauritanien qui aborde un sujet troublant avec la lucidité d’un homme moderne pétri dans une diversité culturelle perceptible dans son vécu mauritanien d’une part et dans sa trajectoire russe et française d’autre part.
Source: Initiatives News