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Dossiers prioritaires et urgents 

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Je ne consacre pas de publications sur l’enjeu des concertations nationales, pour la simple raison que je considère qu’il y a beaucoup plus urgent si bien que je n’exclus pas que ces dossiers, auxquels s’accroche l’opposition dite traditionnelle, m’apparaissent comme une diversion pour faire oublier des thématiques plus actuelles, plus urgentes et touchant à la survie des citoyens:

1-L’amélioration du panier de la ménagère suite à une envolée sans précédent des prix et trouver des solutions sur le court terme soulageant nos populations qui souffrent pour joindre les deux bouts. Je considère que le gouvernement a subi un échec cuisant sur le registre du contrôle des prix face aux hommes d’affaires.

2- Un grand coup d’arrêt définitif à la corruption s’impose. Elle semble continuer de plus belle au niveau de certains pans de l’administration selon des publications qui fleurissent sur la Toile. Pourquoi ne pas consacrer à ce dossier vital des états généraux ou des études sérieuses? Et mettre en place de nouveaux outils performants pour la combattre. Rien n’a changé dans le processus d’attribution des marchés publics. Ni les textes. Ni les ressources humaines.

3-Le règlement d’urgence du dossier de la décennie passée qui traîne en longueur. Il m’apparait illogique de continuer d’ignorer des responsables politiques mouillés jusqu’au cou pour ne vouloir retenir que la responsabilité de l’ancien président. Le dossier devrait amorcer un rythme plus soutenu, plus rapide, pour mettre à la disposition des populations des centaines de milliards détournés. Qui financeront des programmes sociaux. Il n’est pas concevable que des citoyens continuent de se pavaner librement après avoir détourné des montants si excessifs. Ou bien pense-t-on dans les lambris du pouvoir que cet argent a disparu sans qu’on sache comment ?

4- Une évaluation urgente de l’impact du Plan de relance économique, voté il y a un an et financé à hauteur de 240 milliards MRO, s’impose d’urgence. Quels en sont les résultats ? L’impact sur l’emploi ? Le chômage ? Ce plan avait privilégié les secteurs économiques dits primaires, agricole, pastoral et de pêche. Or les prix de la viande et du poisson ont atteint des niveaux prohibitifs. Ce sont pourtant des produits locaux. Pourquoi cette hausse ? À quoi a servi tout ce financement colossal ?

Page Facebook de Béchir Fall

À qui appartient le poisson ?

La Confédération Africaine des Organisations Professionnelles de la Pêche Artisanale (CAOPA) a organisé en octobre dernier, un webinaire auquel j’ai eu le plaisir de participer en tant que journaliste mauritanienne.L’objectif en était d’élargir la réflexion autour de pratiques inquiétantes fragilisant la sécurité alimentaire de la majorité des pays côtiers, et menaçant dans les pays en développement concernés l’emploi de plus de 100 millions de travailleurs dont près de 32 millions d’acteurs du sous-secteur de la pêche artisanale (voir ce rapport 2019 de Greenpeace : le  poisson détourné).

Durant ce webinaire un large éventail de questions a pu être formulé et discuté, – dont certaines relevant directement de la situation en Mauritanie : Comment concilier un développement durable du secteur de la pêche avec les objectifs commerciaux des acteurs exogènes ? Comment sortir de la situation actuelle, entre les accords de pêche et les usines de farines et d’huiles de poisson ? Qui vend le poisson aux usines de farines? La ressource appartient-elle aux communautés qui la vendent ou à ceux qui l’acquièrent pour la transformer ? Comment doter la Commission Sous Régionale des Pêches (CSRP) d’un mandat de « gestion partagée » de la ressource, à même d’en améliorer la durabilité ? Quid de la gestion des risques associés aux prospections en cours et à l’exploitation prochaine du gaz et du pétrole ? Comment ramener l’avis scientifique au cœur des décisions politiques ? Comment soutenir les médias dans leur mission d’information et de mobilisation autour des enjeux majeurs, rattachés à ces questions ? …

Production de farines de poisson : une industrie toujours plus prédatrice

Autrefois artisanale, la production de farines de poisson a démarré au début du 20ème siècle autour d’une belle idée : celle de recycler les déchets de poissons. Malheureusement, elle s’est progressivement transformée en activité industrielle menée à bord de navires-usines, avant de venir s’arrimer directement au niveau des ports de pêche.

Les poissons ciblés sont les petits pélagiques, poissons gras se rassemblant en grands bancs en Afrique de l’Ouest, et notamment trois espèces surexploitées selon les dernières évaluations de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO): sardinelle ronde, sardinelle plate, et ethmalose d’Afrique. Outre que ces poissons sont un maillon clé d’une extraordinaire chaine de biodiversité, ils constituent dans la sous-région la principale source de revenus des communautés locales de pêche, tout en leur apportant une protéine très accessible. L’impact écologique de l’industrie comprend par ailleurs des niveaux substantiels de prises accessoires par les chalutiers approvisionnant les usines, contribuant significativement à la dégradation du milieu marin.

Cette situation inquiète vivement la communauté scientifique, ainsi que les organisations de professionnels de pêche. Alertés par la famine qui frappe actuellement près de 2 millions de malgaches, victimes du pillage de leurs ressources halieutiques couplé à une sécheresse aigue, les acteurs multiplient les appels au gouvernement pour une gestion plus durable, plus rigoureuse et plus transparente du secteur. Voir ici l’appel d’un expert halieute : https://mobile.facebook.com/story.php?story_fbid=2981612972079799&id=100006933762840&sfnsn=mo&_rdc=1&_rdr.

Mauritanie : un modus operandi alarmant

En Mauritanie, la situation qui est tout aussi alarmante que partout ailleurs, est devenue critique avec l’essor des usines de production d’huiles et de farines de poisson dans le pays : 42 implantées, dont 38 en activité. Et si on imaginait que la quarantaine d’usines de farine de poisson tournaient à plein régime, combien de millions de tonnes de petits pélagiques seraient détournés, chaque année, des assiettes des populations africaines ?

Les usines de production de farine de poissons ont commencé leurs activités vers la fin des années 2000, après avoir été chassées d’un peu partout dans le monde (dont le Maroc, le Sénégal, la Gambie…), accusées d’avoir épuisé les stocks de poissons jadis abondants, détruit les écosystèmes locaux, contaminé l’environnement et paralysé le tourisme à travers les pollutions suscitées.

Communément appelées Mocca, ces usines se sont d’abord appuyées pour leur approvisionnement sur les femmes mareyeuses organisées en coopératives, en leur octroyant des crédits qui pouvaient aller jusqu’à 100.000 MRO. Ce crédit leur servait à racheter le poisson auprès des pêcheurs artisanaux, qu’elles revendaient en exclusivité aux unités industrielles en question, comme le témoigne cette mareyeuse interviewée en 2016.

Puis, à partir de 2010, les entreprises chinoises ont fait l’objet d’accords pour le moins complaisants avec le gouvernement mauritanien, les autorisant à établir des activités de pêche et à construire des usines de transformation de poisson. Selon les accords passés avec Poly Hong dong par exemple, l’entreprise pouvait transformer 100 000 tonnes de poisson par an sans préciser avec quelles espèces de poisson.

En 2017, une autre entreprise chinoise, la Sunrise Oceanic Resources Exploitation Company, installe une usine de transformation de farine de poisson dont la taille est 3 à 4 fois celle de Poly Hong Dong, apportant avec elle sa propre flotte de pêche.

À partir de 2015, des navires turcs à senne coulissante commencent à leur tour à opérer dans le pays, approvisionnant les usines de fabrication de farine de poisson appartenant à des entreprises turques. Cette flotte turque, forte de près de 100 navires industriels opérant dans la zone côtière, s’est rapidement élargie pour approvisionner d’autres usines, dont des entreprises chinoises et même la Fédération mauritanienne des usiniers.

En d’autres termes, sous l’influence du lobby des industries, la politique du gouvernement détruit l’équilibre historique de l’exploitation de la ressource halieutique par la Mauritanie et ses voisins, privilégiant l’approvisionnement des filières d’élevage d’Asie (de crustacés, poulets et, comble symbolique pour un pays musulman, de porcins !), au détriment de l’approvisionnement de la population locale et régionale en poisson destiné à la consommation.

Le Parc national du Banc d’Arguin (PNBA) sous le feu :

Le Banc d’Arguin est un écosystème marin d’importance mondiale pour la conservation, le plus grand sanctuaire d’oiseaux d’Afrique de l’Ouest, soutenu par l’un des plus vastes herbiers du monde composé de trois espèces d’algues, deux tempérées près de leur limite sud et une tropicale à sa limite nord.

Un groupe d’experts prévoit, dans un article scientifique publié fin octobre 2021, le déclin probable de la superficie totale de cet écosystème d’herbiers marins selon des scénarios de changement climatique au cours du 21e siècle, qui utilisent des modèles de distribution des espèces et des estimations de l’élévation du niveau de la mer.

Ce qui laisse présager un effondrement des principales fonctions de l’écosystème du PNBA, avec des répercussions profondes sur la biodiversité, les ressources halieutiques et les services écosystémiques – si la tendance globale climatique n’est pas rapidement inversée.

Par ailleurs, dans un contexte économique difficile et après des années d’exploitation intense des stocks de poissons, les pressions pour une ouverture du domaine maritime du PNBA à la pêche artisanale motorisée sont fortes. Les richesses exceptionnelles de la plus importance aire maritime protégée d’Afrique, attirent les convoitises des opérateurs de la pêche.

Pris dans une logique de court terme, ces derniers échouent à percevoir l’importance de préserver son intégrité́ non seulement pour des raisons écologiques évidentes, mais aussi pour le rôle économique qu’il assure dans le renouvellement des ressources halieutiques de la ZEE mauritanienne.

Fait gravissime, la fédération mauritanienne des usiniers a même réussi à obtenir, en juillet 2021, une dérogation spéciale pour avoir accès à une zone interdite à la pêche industrielle, mettant en péril l’intégrité du PNBA. Sous prétexte d’expérimentation pilote, cette dérogation autorise un senneur de 40 mètre à venir pêcher directement contre la frontière du Parc, ce qui accentue fortement les risques d’incursions volontaires ou accidentelles à l’intérieur de l’aire marine protégée.

On se demande aujourd’hui, si les échouages récurrents de poissons et notamment l’échouage de plus de 50 espèces de poissons en juin dernier entre le Cap Tafarit et le Cap Tagarit, au cœur du PNBA, ne sont pas l’œuvre de l’un de ces mastodontes qui convoitent les richesses du Parc.

Mesures urgentes :

La surexploitation des ressources halieutiques menant à leur épuisement (y compris du fait de l’évolution des techniques de pêche employées), l’augmentation rapide du détournement des captures de la consommation humaine vers la production de farines et d’huiles de poisson destinées à l’exportation, est contraire à un certain nombre de devoirs et d’engagements de nos gouvernements, y compris ceux pris dans le cadre des instruments internationaux de gestion des pêches, ainsi que les grands engagements internationaux tels que les Objectifs de Développement Durable des Nations unies.

Il s’agit de réduire l’intensité́ de la pêche dans la région en vue de la ramener à des niveaux durables pour l’environnement, tout en assurant qu’elle réponde adéquatement aux besoins des populations locales pour leurs moyens de subsistance et leur sécurité́ alimentaire.

Le gouvernement mauritanien, sensé pratiquer une gestion de la rareté des ressources halieutiques par une approche de précaution, est invité conformément au Code des Pêches, à prendre ses responsabilités, à assurer plus fortement sa mission de régulation, et à déclarer l’état de crise conformément aux avis scientifiques.

Il devrait négocier avec l’ensemble des acteurs de la mer, nationaux comme internationaux, et particulièrement avec les opérateurs de la pêche, un système économique plus tenable, plus durable, avec des taux de rendement et des retours sur investissement plus raisonnables.

De telles actions ont déjà̀ été́ réclamées à de nombreuses reprises par les experts scientifiques nationaux et internationaux, par les fédérations socio-professionnelles de la pêche, par les fédérations nationales de la pêche artisanale, ainsi que par les partenaires techniques et financiers de la Mauritanie. Elles doivent à présent se traduire par des mesures concrètes, telles que :

– La réduction des usines de production de farines de poisson à un maximum de 2 usines par État acceptant encore de les abriter sur son territoire.

– L’interdiction de toute pêche industrielle pendant au moins 6 mois de l’année, et ce jusqu’à reconstitution totale des stocks de poisson.

– La mise en place – à l’instar de la grande muraille verte du Sahel – d’une « Grande muraille bleue » couvrant la totalité de la côte atlantique du globe, reliant l’ensemble des aires marines protégées de la zone. Cette grande muraille bleue se fera autour de la protection des petits pélagiques qui ont la grande capacité de freiner la désoxygénation des océans et servira de rempart contre l’effondrement des principales fonctions d’un écosystème déjà bien impacté par les changements climatiques.

Le coût de toutes ces mesures pourrait être supporté par la communauté internationale dans le cadre de l’adaptation aux Changements Climatiques, notamment par les mécanismes de financement du Fonds Vert pour le Climat.
Maimouna SALECK

Conventions très contestables nées de la décennie passée!

BECHIR FALL

Certaines conventions très contestables nées de la décennie passée n’ont pas été mises en cause, il s’agit, en particulier, des conventions établies par l’État mauritanien avec l’entreprise chinoise Poly Hondong ainsi que celle conclue, avec une société locale BCMM portant sur l’exploitation à Fderick d’un carreau minier de la SNIM avec un potentiel de 87 MT.

Ces deux conventions sont dites leonines – pour rappeler l’anecdote sur la part toujours trop excessive du lion – et très nettement au désavantage de la Mauritanie. La convention avec l’entreprise chinoise prévoit une durée de vie de 25 ans. Certains parleraient même de 50 ans. Et la convention sur la mine de Fderick se caractérise par une répartition exceptionnellement avantageuse pour une société locale d’un capital ridicule de 100 000 MRU. Qui se voit octroyer 80% du capital et la SNIM, propriétaire de la mine, 20% seulement. Du jamais vu ! Un bradage sauvage en règle.

La question porte sur les mesures que notre État compte prendre pour supprimer ces injustices flagrantes portant un coup sévère au patrimoine national halieutique et minier. Certes, des personnes mises en cause sont poursuivies en justice. Mais quid des conséquences de leurs forfaitures et du bradage du patrimoine public ? L’État devrait-il laisser faire sans aucune réaction ? Et pourquoi tarde-t-il à réagir ? Toujours guère réactif et par-dessus tout étrangement passif.

Le paradoxe est que dans toutes ces conventions, les intérêts stratégiques de la Mauritanie ont été totalement occultés. Nos dirigeants, qui ont élaboré ces conventions, ont été soit d’une notoire incompétence et inconscience professionnelle, soit d’une malhonnêteté extrême frisant la trahison par rapport à leur serment, foi et devoir vis-à-vis de la Nation.

Ma question est de se demander pourquoi les dirigeants actuels ne mettent pas en œuvre les conditions pour faire annuler ces conventions portant grief aux intérêts vitaux de la Mauritanie ? J’ai vu, il y a quelques semaines, le porte parole du gouvernement déplorer l’inadmissible convention sur la mine de Fderick. Un bradage injustifié. Et alors ? Mais pourquoi ne propose-t-il aucune action de sauvegarde ?

Je rappelle qu’en droit privé général il existe une action en justice dénommée action en rescision dont l’objet est de faire annuler une convention créant une lésion au détriment d’une partie et rompant ainsi l’équilibre qui doit caractériser la réciprocité des obligations.

Autrement dit, si la convention porte préjudice à l’une des deux parties cette dernière est en droit, soit de réclamer une juste répartition des prestations, soit son annulation pure et simple.

Pourquoi ne mettrait-on pas en route cette procédure ?

Le développement de la Mauritanie continuera à être entravé!

Imam Cheikh Ely

Le développement de la Mauritanie continuera à être entravé par deux phénomènes: Le premier la contribution en deçà des attentes du secteur privé dans les recettes fiscales et douanières pour renflouer les caisses de l’Etat et le deuxième consiste à la faiblesse du secteur informel porteur de toutes les petites initiatives et surtout de la petite main-d’œuvre que visiblement la plupart des mauritaniens ont laissé aux étrangers. Le secteur privé pèche par les difficultés de ses acteurs à cesser de confondre l’économie boutiquière avec les véritables montages de projets et affaires conçues dans les normes et critères de l’investissement moderne. Si l’on y ajoute la corruption qui a gangrené l’administration durant ces dernières décennies et les politiques approximatives dans les domaines de l’Education et de la prise en charge des besoins d’orientation et d’encadrement de la jeunesse vers des secteurs porteurs on comprend plus aisément la situation. Les différents pouvoirs qui se sont succédé ont privilégié l’exploitation d’une jeunesse désespérée et désorientée pour des desseins plus politiques politiciens à son habilitation pour s’arrimer au défi de la concurrence mondiale en vue de l’acquisition des savoirs scientifiques et technologiques. Il est par ailleurs fort regrettable que nos politiques d’éducation depuis des décennies soient tombées dans la marre des tergiversations et de la pusillanimité des différents pouvoirs à prendre le taureau par les cornes et engager une véritable révolution dans le domaine de l’Education….et qui aurait sans évité au pays son retard énorme sur le plan de l’adéquation aux nouveaux besoins du marché de l’emploi. En lieu et place l’école publique républicaine a été sabordée et des générations entières sacrifiées. Tout ceci pour essayer de démontrer l’imbrication entre une Education nationale bien orientée, l’habilitation de la jeunesse aux défis de l’emploi, la performance du secteur privé, la maîtrise du secteur de informel par les nationaux et le danger de la corruption qui affaiblit les recettes du trésor publics.

En 2030, un quart des habitants des pays se trouveront toujours en dessous du seuil de pauvreté international.

La reprise mondiale ne s’étend pas aux pays les plus pauvres.

Ce n’est toutefois pas le cas dans les 74 pays admissibles à emprunter à l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale. Ces derniers sont les plus pauvres du monde, et comptent environ la moitié des habitants de la planète ayant moins de 1,90 dollar par jour pour vivre. Pour eux, il n’existe aucun signe de « reprise » mondiale. En 2021, leur taux de croissance sera le plus faible depuis 20 ans (abstraction faite de l’année 2020), ce qui aura pour effet d’éliminer des progrès accomplis dans le cadre de la lutte de la pauvreté des années durant. Pour eux, les dommages ne seront pas rapidement réparés. En 2030, un quart de leurs habitants se trouveront toujours en dessous du seuil de pauvreté international.

La COVID-19 fait donc le plus de mal aux personnes — et dans les lieux — qui peuvent le moins faire face. Alors même que les nations les plus riches commencent à retrouver le chemin de la prospérité et un semblant de normalité, la pandémie continue de faire des ravages dans les pays les plus pauvres.  Les taux de mortalité maternelle et infantile s’accroissent dans les pays IDA en raison de la réduction de l’accès à des services de santé et à la nourriture. Les conflits et l’instabilité aggravent encore les problèmes dans certains pays.

Une misère de cette ampleur s’est, tout au long de l’histoire, inévitablement propagée au-delà des frontières nationales. Les chefs d’État des pays africains — qui constituent plus de la moitié de tous les pays IDA —seront réunis demain à Abidjan (Côte d’Ivoire), dans le but d’appuyer une reconstitution accélérée et substantielle des ressources de l’IDA. Ils définiront les grandes priorités dans le but de financer une reprise résiliente après la crise COVID-19. Il est dans l’intérêt de tous les pays d’agir rapidement pour mobiliser les ressources nécessaires à la poursuite de cet effort.

« Alors même que les nations les plus riches commencent à retrouver le chemin de la prospérité et un semblant de normalité, la pandémie continue de faire des ravages dans les pays les plus pauvres.»

Ces pays auront besoin d’une aide importante pour pouvoir sortir de la récession causée par la COVID-19. En 2020, la pandémie avait pratiquement stoppé la croissance économique des pays IDA et provoqué une contraction de 2,3 % du revenu par habitant.  Selon notre analyse, la croissance de ces pays sera inférieure d’environ deux points de pourcentage par an en moyenne à celle des pays avancés de 2021 à 2023, ce qui ne fera que creuser l’écart déjà important entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres.

Des disparités importantes caractérisent également la riposte sanitaire à la COVID-9 : le rythme des vaccinations est d’une lenteur alarmante en raison du manque d’approvisionnement, des problèmes de passation de marchés et du manque de financement. En juillet, seulement trois doses de vaccins contre la COVID-19 pour cent personnes avaient été distribuées, soit moins d’un dixième de la proportion enregistrée dans les pays avancés.

Pour retrouver la voie de la convergence avec les pays plus riches, les pays IDA auront besoin de financements supplémentaires à hauteur de 376 milliards de dollars jusqu’en 2025 compris — qui viendront s’ajouter aux besoins de financement extérieur courants de 409 milliards de dollars. Un grand nombre de ces pays sont déjà fortement endettés, et n’ont donc guère de possibilité d’emprunter. Étant donné les difficultés budgétaires auxquelles sont confrontés la plupart des pays du fait de la pandémie, l’aide publique au développement demeurera probablement stationnaire, et pourrait même diminuer. Dans ces circonstances, les pays IDA auront de plus en plus besoin de bénéficier d’un appui sous forme de dons et de prêts ne portant pas intérêt.

L’IDA a montré qu’elle était une plateforme d’une efficacité exceptionnelle en ce domaine. Depuis plus de 60 ans, elle mobilise des ressources auprès de bailleurs de fonds et sur les marchés des capitaux dans le but de fournir un appui étroitement ciblé sous forme de financements concessionnels aux pays les plus pauvres. Il y a exactement un an, forte des contributions de 23,5 milliards de dollars de ses bailleurs de fonds, elle a entamé un cycle de trois ans durant lequel elle visait à accorder des financements à hauteur de 82 milliards de dollars aux pays les plus pauvres. Plus de la moitié de ce montant ayant déjà été engagé, il est nécessaire de procéder à une reconstitution précoce des ressources pour pouvoir fournir un appui à ces pays de juillet 2022 jusqu’à la fin de 2025.

Cette période sera cruciale — que ce soit pour maîtriser la COVID-19 à titre permanent ou replacer les économies les plus pauvres sur une trajectoire qui leur permettra de surmonter les défis de développement les plus graves auxquels ils seront confrontés à long terme. Il importera, dans une première étape, d’accélérer la fourniture de vaccins : les pays qui ont des doses excédentaires devraient en faire bénéficier les pays les plus pauvres, et les fabricants de vaccins devraient en priorité affecter les doses disponibles aux pays qui en ont le plus besoin. L’étape suivante consistera à formuler un ambitieux train de réformes — pour faciliter l’orientation de la main-d’œuvre et du capital vers des secteurs à forte croissance, réduire le coût des échanges et encourager des investissements — qui peuvent assurer une reprise verte, résiliente et inclusive.

Les pays IDA souhaitent ardemment atteindre ces deux objectifs. Ils ont toutefois besoin — et méritent —d’obtenir toute l’aide possible. Comme l’ont récemment noté les dirigeants présents au Sommet sur le financement des économies africaines : « Il nous incombe d’agir de concert pour lutter contre les graves disparités qui existent actuellement entre les pays et dans ces derniers. Il importera à cette fin de mener une action concertée pour monter un programme de financement très important de manière à donner l’élan nécessaire à l’activité économique ainsi que les moyens d’investir dans un avenir meilleur ».

Source: worldbank.org

Indermit Gill, Akihiko Nishio

Mauritanie : la Banque africaine de développement accorde dix millions d’euros à la BCI pour renforcer le rôle des PME dans la relance économique

Abidjan, le 16 juillet 2021 – Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement a approuvé, vendredi à Abidjan, une ligne de crédit de dix millions d’euros à la Banque pour le Commerce et l’Industrie (BCI) de Mauritanie afin de renforcer ses activités de financement du commerce international en faveur des petites et moyennes entreprises dans des secteurs stratégiques.

Dans le contexte de crise, cette opération permettra à la BCI de disposer de liquidités en devises pour préfinancer l’acquisition de machines, d’intrants, d’équipements, de biens de consommation, de denrées alimentaires et de matériaux au profit des secteurs de la santé, de l’agriculture, de l’industrie, de la construction, de la transformation du poisson et des aliments et de l’artisanat.

« Avec cette troisième ligne de financement, notre objectif est de faciliter encore plus l’accès au financement pour les PME mauritaniennes, a souligné Malinne Blomberg, directrice générale adjointe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique du Nord et responsable-pays pour la Mauritanie. Notre ambition est de leur offrir de nouvelles perspectives en les incitant à se lancer sur de nouveaux marchés porteurs. Avec des priorités qui consistent à dynamiser l’investissement et à développer le commerce pour relancer rapidement la croissance et créer des emplois durables. »

Cette nouvelle ligne de crédit consolide les résultats enregistrés avec les deux premiers financements octroyés à la BCI en 2008 et en 2016 pour un montant total d’environ 16 millions de dollars américains.

Pour Stefan Nalletamby, directeur du Département du développement du secteur financier à la Banque africaine de développement, « cette intervention se déroule dans un contexte difficile pour les banques mauritaniennes. L’accès au financement des PME, qui a toujours constitué un défi, se trouve aggravé par la crise actuelle et par l’accès difficile aux devises étrangères, indispensables pour régler les opérations du commerce international. Par conséquent, cette facilité permettra à la BCI de répondre plus efficacement aux besoins de ses clients, notamment les PME. »

La ligne de financement offrira à la BCI des ressources à moyen terme destinées à renforcer le secteur financier mauritanien, facilitant notamment l’accès aux financements des PME qui constituent un important moteur de la relance.

Le projet est en parfaite adéquation avec quatre des cinq grandes priorités, les « High 5 » de la Banque africaine de développement que sont « nourrir l’Afrique », « industrialiser l’Afrique » et « intégrer l’Afrique » avec un effet catalyseur sur l’atteinte de l’objectif « améliorer la qualité de vie des populations africaines ». Il s’inscrit également dans le cadre de la Stratégie de développement du secteur financier de la Banque, dont l’objectif est d’améliorer l’accès aux financements des PME, d’élargir et approfondir les systèmes financiers.

La Banque africaine de développement intervient en Mauritanie depuis plus de cinquante ans dans divers secteurs stratégiques de développement, dont l’agriculture, la gouvernance, le secteur financier, l’eau et l’assainissement, le secteur minier, le secteur privé, les transports et le social.

Contact médias
Fahd Belbachir I chargé supérieur des relations extérieures et de la communication pour l’Afrique du Nord I Banque africaine de développement I [email protected]

Contacts techniques
Mohamed Aloui I chargé supérieur d’investissement I Banque africaine de développement
Mohamadou Ba I chargé d’investissement I Banque africaine de développement

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