par Webmaster | 22 08 21 | Justice, Sociétés, Tribunes

Ahmed Salem Deida
Il est plus que temps de reprendre la reconstruction de notre chère Mauritanie et soignet les plaies qui tardent à se cicatriser. Mais nous ne pouvons rebâtir cette Mauritanie plurielle, arabe et africaine sans nous mettre la main dans la main et prendre les devants de tous ceux qui souhaitent la voir détruite ou divisée.
Désunis nous détruisons notre pays, unis nous le rendrons fort.
Mais cette force, au-delà de notre unité, nous devons aussi la puiser du substrat même de notre société sur laquelle a toujours été bâtie notre diversité et qui ne peut se garantir que par une société dont le socle est la justice et l’égalité.
En défendant cette Mauritanie plurielle, c’est l’existence même de notre cher pays car la Mauritanie n’existe que par ses composantes unies dans un seul objectif, celui de vivre en parfaite harmonies comme elles l’ont été depuis des millénaires.
notre Mauritanie arc en ciel demeure et continuera de l’être pour le bien de nos communautés et des générations futures.
On ne peut pas construire notre Mauritanie arc en ciel sans la bâtir sur la justice et l’égalité. Chacun de nous, sans exception aucune, doit jouir de ses droits fondamentaux, il ne peut y avoir de justice à double vitesse comme il ne peut y avoir une égalité sélective.
Un Etat qui ne distribue pas avec équité la justice et traite tous ses citoyens avec égalité perpétue la discrimination et n’engendre que l’arbitraire.
Dans notre chère Mauritanie, il ne peut y avoir des citoyens de seconde zone, il ne peut y avoir que des citoyens tout court.
Notre pays a traversé beaucoup de secousses qui auraient pu la disloquer, n’eusse été notre patriotisme et notre attachement à cette nation.
Ensemble, cherchons à unir nos efforts pour une Mauritanie juste, égalitaire dans sa diversité, une Mauritanie où on parle de compatriotes et non d’ethnies, de communautés ou de couleur. C’est dans cette Mauritanie que je me retrouve.
Engageons-nous ensemble pour la reconstruire.
par Webmaster | 9 08 21 | Actualitès, Justice, Sociétés
Association Mauritanienne pour la Justice et l’Égalité (AMJE).
Communiqué de presse.
« Un pays riche, un peuple pauvre »
Notre brave peuple souffre dans un silence lourd, jour après jour: montée permanente des prix, la pauvreté de jour en jour s’étend inexorablement, s’ajoute à cela l’insuffisance des services de base tels que l’eau, l’électricité, la santé, l’éducation, sans oublier l’insécurité qui se développe de façon alarmante.
L’impact négatif du couvre-feu sur les activités des citoyens et surtout son inefficacité à être respecté par une grande frange des citoyens, s’ajoute à cela le refus intentionnel d’annuler les visites et réunions politiques ajouter à cela, la non application des mesures barrières sur les places publiques, au niveau des transports publics et des manifestations des cérémonies privées. La souffrance de ce peuple ne peut être attribuée qu’à la fragilité de l’état et de l’alliance des forces politiques d’opposition avec le pouvoir au détriment des intérêts du peuple, il faut y ajouter un manque de vision des décideurs pour relever les défis de la crise née de cette pandémie.
On constate de plus en plus le développement d’un certain individualisme, égoïsme, on se contente de défendre ses intérêts étroits, laissant le peuple patauger dans sa misère. Ainsi est née une conspiration contre un peuple, menée par ceux mêmes qui devaient le protéger, défendre ses revendications, ses droits, sa dignité, le peuple s’appauvrit et ses politiciens s’enrichissent.
N’avons-nous pas droit à revendiquer une vie décente surtout quand notre pays dispose de tant de richesses?
Nouakchott, le 09 août 2021
AMJE
Cellule Communication
par Webmaster | 27 07 21 | Focus, Justice, Sociétés

Brahim Boihy
Les disparités dans le développement de régions d’un pays, les déficits en infrastructures diverses, les écarts de représentation, etc, dictent aux autorités gouvernantes la nécessité, pour ne pas dire l’obligation, de rechercher les voies et moyens les plus à même de répondre aux impératifs d’un équipement harmonieux et équilibré du pays, du développement humain des populations et de leur participation à la gestion. L’aspect humain de ces déséquilibres interroge la question de l’égalité, laquelle commence par l’absence d’inégalités. De quelles égalités s’agit-il? Il convient à cet effet de distinguer (1) l’égalité absolue : elle est d’essence juridique de par les chartes et conventions relatives aux droits humains, la Constitution, les lois et règlements en vertu desquels les êtres humains naissent égaux et doivent avoir les mêmes droits; (2) l’égalité relative, découlant de comparaisons : ce qu’on gagne, la situation par rapport aux minima économiques: revenu médian et seuil de pauvreté, l’accès aux services sociaux…Notamment; (3) l’égalité des chances.
C’est la véritable égalité; la seule, finalement, qui vaille. On l’atteindrait lorsqu’on aurait donné à tous les citoyens les moyens indispensables à leur développement . Ce pourrait être (a) par l’école en donnant la priorité à la construction, dans les contrées éloignées, dans les « adouabas » et dans les bidonvilles, d’écoles suffisamment équipées, gratuites, accessibles à tous ceux qui, aujourd’hui, sont condamnés à demeurer en marge du système éducatif; (b) par les bourses d’étude et de formation qui consentiraient des avantages raisonnables à ceux qui, grâce à leur engagement personnel et aux sacrifices de leurs parents, déjà économiquement et socialement faibles, auraient réussi à franchir certains seuils, afin qu’ils puissent continuer leurs études, plutôt que de voir leurs efforts et ambitions s’évanouir; (c) par la santé à travers l’affectation d’investissements suffisants en équipements et en dotations sanitaires en faveur des contrées et populations éloignées et souvent dépourvues de possibilités d’accès aux soins de base. Le développement d’un esprit sain dans un corps sain ne s’en trouverait qu’augmenté; (d) par le travail et l’économie, en favorisant l’emploi et le ruissellement économique vers les régions et les populations les plus faibles; (e) par les compétences, qui doivent rester les premières à valoriser; les mal lotis du système ne peuvent généralement compter que sur celles dont ils pourraient, en l’absence d’autres soutiens d’ordre tribal, ethnique ou politique, comme il en existe, et qui les épauleraient,
Au nombre des solutions envisageables, la politique de la discrimination positive est évoquée. Elle ne devrait être qu’une politique de dernier recours, limitée dans le temps, pour mettre fin à terme, à l’exclusion sociale et aux déséquilibres. Ses objectifs ne devant être que la promotion de la diversité et le rattrapage entre régions et groupes inégalement représentés, une dose de discrimination positive, intelligemment administrée, pourrait constituer une réponse ponctuelle à certaines situations. Son application, comme indiqué au paragraphe précédent, serait l’approche la plutôt favorable à l’accélération de la marche vers l’égalité des chances, la mobilité sociale et la réduction de la pauvreté.
Toutes les semaines, les boussoles sont orientées vers le Conseil des Ministres et plus particulièrement vers sa rubriques « les mesures individuelles ». Les nominations auxquelles il procède donnent souvent lieu à moult commentaires et interrogations. Ces nominations et promotions devraient, en principe, être dictées par les besoins des administrations, et prises sur la seule base des compétences. Lorsqu’elles ne s’inscriraient pas dans le cadre de cette exigence, comment alors les comprendre ? Si elle devait être retenue, la politique de discrimination positive pour justifier quelques nominations et promotions viserait-t-elle des regroupements, des catégories d’individus, des groupes d’appartenance? Chercherait-t-elle à réduire les écarts entre groupes par la promotion de l’élite? Par elles-mêmes, ces nominations et promotions ne permettent ni de réduire les inégalités, ni de lutter contre la pauvreté. En effet, les filles et les fils des heureux (ses) promus, comme ceux d’un membre du gouvernement, d’un cadre (supérieur ou moyen) ou d’un citoyen aisé, fréquenteront les meilleurs établissements scolaires et sanitaires qui les prépareront au meilleur avenir possible. Les enfants des pauvres, quant eux, resteront dans leur pauvreté et ses conséquences. Ce n’est pas là le meilleur usage qu’on pourrait faire de la discrimination positive.
La politique de discrimination positive est controversée et comporte bien des impacts négatifs: elle est, notamment, stigmatisante pour ceux qui en bénéficient et discriminatoire envers les autres. C’est un autre débat que je n’aborde pas ici. En définitive, une telle politique ne serait une solution de rattrapage ou de rééquilibrage que si elle prépare effectivement à l’égalité des chances. Elle ne devrait en aucun cas constituer un passage vers la médiocrité. Certes, la promotion de hauts cadres augmenterait la représentation visible de la diversité dans l’élite dirigeante, mais ce ne devrait pas être l’arbre qui cache la forêt des inégalités. Brahim Boihy-25/07/2021
par Webmaster | 11 07 21 | Justice, Tribunes

Par Abdoul Aziz Deme
La justice mauritanienne connaît depuis quelques années une crise de légitimité qui menace l’État de droit. Le plan national de développement pointe les carences dans son administration : infrastructures insuffisantes et vétustes, lenteurs et dysfonctionnements, surpopulation carcérale… En parallèle, les manquements en matière de formation des personnels pénitentiaires, des magistrats et des greffiers ont des conséquences sur l’ensemble du système. La faiblesse du budget est pour partie à l’origine de ces problèmes.
Dans le cadre de son programme sectoriel des prochaines années, mon conseil au ministère de la Justice et d’engager très rapidement des efforts pour améliorer la gestion du secteur, et surtout d’humaniser les conditions de vie des personnes et populations détenues et restaurer le lien de confiance entre les citoyens et la justice, tout en prévenant la corruption.
L’objectif de mon constat et d’éclairer sur l’organisation de secteur est de contribuer à l’amélioration du service public de la justice pour les citoyens mauritaniens que nous sommes, par le biais d’un renforcement institutionnel et opérationnel du ministère de la Justice. Cette contribution humble s’articule autour de trois composantes complémentaires : l’accès à la justice et l’efficacité des juridictions, l’administration pénitentiaire et la mise en œuvre de la politique du ministère.
Une attention particulière doit être portée aux compétences des magistrats et des greffiers à travers le développement de référentiels métiers, de dispositifs de formation continue et de plateformes de documentation. La construction et l’équipement de salles d’audience et de bureaux, la révision de certains textes et la diffusion de supports d’information contribueront à faciliter la législation pénale et l’accès aux institutions juridiques sans ça ne nous avancerons pas.
Je suggère aussi la professionnalisation des agents pénitentiaires (formations, contrôle des établissements…) et l’amélioration des conditions de vie des personnes détenues (dortoirs, douches correct, ateliers de formation aux métiers manuels favorisant la réinsertion des détenues permettront de renforcer la sécurité et l’humanisation des conditions dans les établissements carcéraux et d’en réduire la surpopulation.
Cette contribution si elle trouve échos le mieux serait qu’elle soit pilotée par le ministère de la Justice, appuyé par une assistance technique et des experts judiciaires et pénitentiaires mauritaniens ou à défaut de manque d’experts locaux voir partenariat avec des experts français. .
Cette contribution en outre vise un impact large, sur l’ensemble du système judiciaire de notre pays , notamment grâce au renforcement des capacités du ministère. En plus de rendre la chaîne plus efficace, la professionnalisation des acteurs et l’amélioration de l’accès à la justice permettent de consolider la confiance des justiciables envers les institutions juridiques.
Abdoul Aziz Deme membre du Mudem.
Le 11 juillet 2021