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La situation de l’approvisionnement du marché en Mauritanie est stable et rassurante, dixit le Patron des patrons

La situation de l’approvisionnement du marché en Mauritanie est stable et rassurante, a déclaré aujourd’hui mardi 24 mars 2026, lors d’une conférence de presse, le président de l’Union Nationale des Employeurs Mauritaniens (UNEM), Zeine El Abidine Ould Cheikh Ahmed.

Les stocks nationaux de produits alimentaires et de carburant sont suffisants pour plusieurs mois, a affirmé le Patron des patrons, selon lequel, les mesures gouvernementales de surveillance des marchés prise et la coordination continue avec le secteur privé ont permis d’arriver à ces résultats probants.

Les pouvoirs publics ont mis en place un comité ministériel de suivi des approvisionnements, tout en engageant les fournisseurs à établir des rapports hebdomadaires sur les niveaux des stocks, a ajouté Zeine.

Les réserves alimentaires sont suffisantes pour huit mois environ et ne sont pas affectées par la conjoncture internationale actuelle, a-t-il précisé.

Ould Cheikh Ahmed a également exhorté les citoyens à éviter le stockage excessif, prévoyant une stabilisation, voire une baisse, des prix grâce à une offre abondante.

Des quantités suffisantes de carburant sont disponibles, grâce à l’arrivée de plusieurs navires transportant du carburant et du gaz, et des stocks supplémentaires, dont plus d’un million de bouteilles de gaz prêtes à l’emploi, a poursuit le président de l’UNEM.

Zeine a réaffirmé le maintien par le gouvernement des subventions sur les prix des carburants, à environ 300 ouguiyas le litre.

Il a également indiqué que des projets d’extension des capacités de stockage à Nouakchott et Nouadhibou étaient en cours, renforçant ainsi la sécurité d’approvisionnement.

Le président de l’Union a souligné enfin l’abondance des stocks de sucre et l’autosuffisance en riz, affirmant que la situation économique du pays était stable et sous-contrôle.

L’État a dépensé 17 milliards au cours des trois derniers mois pour subventionner les carburants

Les récentes transformations géopolitiques ont eu un impact direct sur les prix des produits pétroliers raffinés à l’échelle mondiale, entraînant des augmentations significatives qui ont imposé des défis supplémentaires au budget de l’État, a déclaré aujourd’hui lundi, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, M. Mohamed Khaled.

Le gouvernement avait pris des mesures concernant les prix des carburants il y a quelques mois, sur la base d’études du début de l’année, qui indiquaient que les prix mondiaux étaient d’environ 60 dollars, avec une prévision de baisse, ce qui a nécessité de fixer le prix du gasoil à 500 ouguiyas, de sorte que l’État supporte toute augmentation dépassant ce niveau, a précisé Khaled.

Si le prix baisse en dessous de 500 ouguiyas, la différence revient au Trésor public de l’État, a ajouté le ministre, selon lequel, le Président Ghazouani a ordonné que toute baisse doit se répercuter directement en faveur du citoyen.

Toujours selon lui, la première application de ce mécanisme, il y a environ deux mois, a entraîné une réduction du prix du gasoil à 487 ouguiyas, avant que les prix ne commencent à augmenter progressivement, pour atteindre plus tard 511 ouguiyas pour le gasoil, tandis que le prix de l’essence est passé de 538 à 511 ouguiyas.

Ces hausses ont fini par une envolé du prix du gasoil, devenu plus cher que l’essence sur le marché mondial, a-t-il indiqué.

La Mauritanie n’importe pas de pétrole brut, mais dépend de l’importation de ses produits raffinés, a expliqué Khaled, selon lequel, les prix de ces produits ne reflètent pas nécessairement directement le prix du pétrole brut.

S’expliquant plus sur ce paradoxe, le ministre a mis en exergue l’influence par de multiples facteurs, y compris les coûts de raffinage et de transport et les différences de niveaux de demande entre les régions, où la consommation de diesel est plus élevée dans des régions comme le Moyen-Orient et l’Asie par rapport à l’Europe.

Une augmentation de 5% du prix du pétrole brut ne signifie pas nécessairement une augmentation similaire des prix de l’essence ou du gasoil, en l’absence d’une relation directe et constante entre eux, a-t-il précisé.

La Mauritanie importe cinq principaux produits pétroliers : le gasoil, l’essence, le fioul, le kérosène et le gaz de cuisson, a poursuit Khaled.

Le ministre de l’énergie a passé en revue ensuite l’évolution des prix mondiaux de ces matériaux, expliquant que le prix de la tonne de gasoil est passé de 726 dollars avant la guerre à 1318 dollars vendredi dernier, soit une augmentation de 82%.

Le prix de la tonne d’essence est passé quand à lui de 699 à 1072 dollars, soit 53%, et le fioul de 390 à 655 dollars, soit 58%, tandis que le prix de la tonne de gaz de cuisson est passé de 787 à 1388 dollars, soit 76%.

 

Le prix d’achat d’un litre de gasoil vendredi dernier était de 745 ouguiyas, alors qu’il est vendu dans les stations à 512 ouguiyas, ce qui signifie que l’État supporte une différence de 233 ouguiyas par litre, soulignant que le prix d’achat a augmenté aujourd’hui à 822 ouguiyas, portant la différence à 310 ouguiyas par litre.

Ceci signifie que l’État supporte près de 3000 ouguiyas lorsque le citoyen achète du gasoil d’une valeur de 5000 ouguiyas, a ajouté le ministre, affirmant que ce soutien représente un lourd fardeau pour le budget de l’État, qui finance des secteurs essentiels tels que l’éducation, la santé, l’électricité, l’eau et d’autres services de base.

L’État a dépensé environ 17 milliards d’ouguiyas au cours des trois derniers mois pour subventionner les carburants, a indiqué Khaled, notant que la majeure partie de ce soutien a été enregistrée en mars, coïncidant avec le déclenchement de la guerre et le début de la forte hausse des prix mondiaux.

Concernant le gaz de cuisson, le ministre a expliqué que le prix d’une bouteille de 12 kg chez les vendeurs est de 3000 ouguiyas, tandis que l’État supporte une subvention allant jusqu’à 6230 ouguiyas par bouteille, avertissant que la poursuite de cette situation pourrait coûter à l’État environ 45 milliards d’ouguiyas.

Le Ministre a souligné que les subventions aux carburants représentent actuellement environ 13% du budget de l’État, notant qu’un certain nombre de pays ont pris des mesures similaires pour faire face à cette crise.

Certains ont augmenté les prix du carburant, tandis que d’autres ont eu recours à des politiques de rationalisation de la consommation, telles que la réduction des activités nocturnes et l’encouragement du télétravail pour réduire les coûts de transport.

Il a conclu en affirmant la disponibilité des produits pétroliers dans le pays et l’existence de stocks suffisants pour plusieurs mois, expliquant que le problème actuel ne concerne pas l’abondance, mais plutôt la hausse des prix mondiaux.

Il a également réitéré l’engagement de l’État, en application des directives du Président de la République, à continuer de soutenir les citoyens et d’atténuer les effets de ces hausses, appelant en même temps à rationaliser la consommation d’énergie pendant cette période jusqu’à ce que les prix reviennent à leurs niveaux normaux.

En réponse aux questions des journalistes lors de la conférence de presse, le ministre de l’Énergie et du Pétrole a déclaré que le secteur dispose d’un organisme de contrôle qui surveille en permanence la situation de l’approvisionnement en carburant et le respect des prix approuvés, soulignant que quiconque stocke des produits pétroliers sans autorisation, ou ne respecte pas la vente au prix fixé dans les stations, est passible de sanctions légales.

Le ministre a affirmé que le renforcement des capacités de stockage représente une étape importante pour garantir la disponibilité d’un stock stratégique national de carburants, malgré l’existence d’avis techniques selon lesquels l’abondance de l’approvisionnement régulier pourrait réduire le besoin de stockage important. Cependant, le secteur s’efforce de résoudre ce problème en augmentant les capacités de stockage nationales.

Concernant le projet de la Grande Tortue Ahmeyim (GTA), le ministre a expliqué que les travaux sont actuellement en cours dans la première phase du projet, et que les discussions se poursuivent concernant le passage à la deuxième phase.

Il a souligné que la crise internationale actuelle, malgré ses répercussions négatives sur le Trésor public à court terme, pourrait avoir des effets positifs sur la Mauritanie à moyen et long terme, en tant que pays producteur de gaz naturel et bénéficiant d’une position géographique privilégiée relativement éloignée des zones de tension, en plus de sa proximité avec le marché européen, ce qui pourrait renforcer les opportunités d’investissement dans le secteur de l’énergie pendant la phase à venir.

Création d’une commission ministérielle chargée du suivi de l’approvisionnement du marché en produits de première nécessité

Le Gouvernement mauritanien adopté ces dernières semaines une approche proactive pour faire face aux répercussions de la crise géopolitique au Moyen-Orient, en prenant un ensemble de mesures visant à limiter leurs effets sur les chaînes d’approvisionnement et de distribution, ainsi qu’à contenir la hausse des prix des hydrocarbures.

Ces affirmations ont été faites aujourd’hui lundi 23 mars courant par le ministre de la culture, des arts, de la communication et des relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement, Monsieur El Houssein Ould Medou, selon lequel, le Président Ghazouani a instruit le Gouvernement a mettre en œuvre l’approche susmentionnée.

Meddou rendait compte à cette occasion, des résultats de la réunion tenue au palais présidentiel sous la supervision de Ghazouani et en présence de certains ministres sur les chaînes d’approvisionnement et de la hausse des prix mondiaux des hydrocarbures.

Une commission ministérielle a récemment été mise en place pour suivre l’approvisionnement du marché en produits de première nécessité et prendre les mesures appropriées en temps opportun, a rassuré Meddou.

Toujours selon lui, la rencontre avec le Président de la République a été marquée par une présentation détaillée des effets de cette crise sur les différents secteurs de l’économie nationale, ainsi que par l’examen et l’évaluation des mesures adoptées par le gouvernement pour y faire face.

Ghazouani a donné ses directives au gouvernement pour accélérer l’identification et la mise en œuvre de mesures efficaces et coordonnées afin de contenir la hausse des prix des hydrocarbures et d’en atténuer les impacts sur l’économie nationale, indique-t-on.

Dans ce cadre, le ministre a présenté un ensemble de mesures prises, notamment la rationalisation des dépenses de l’État et des finances publiques, la préparation d’un projet de loi de finances rectificative répondant aux exigences de la période, ainsi que le lancement d’une vaste campagne de sensibilisation pour encourager les citoyens à une consommation responsable.

La commission ministérielle a également été chargée d’étudier la révision de la structure et des prix des hydrocarbures liquides et gazeux, ainsi que la mise en œuvre de mesures réglementaires, telles que la restriction de l’utilisation des véhicules 4×4 de l’État, à l’exception des ambulances et des véhicules des forces de sécurité et militaires, pour un usage strictement nécessaire.

Le ministre a ajouté que ces mesures comprennent également la rationalisation de la consommation d’énergie dans les services publics, tout en invitant les citoyens à adopter la même approche afin de préserver les ressources nationales.

En réponse à une question sur les efforts de lutte contre la contrebande d’hydrocarbures, le ministre a indiqué que les rapports de sécurité ont enregistré, la semaine dernière, la saisie de 550 tonnes d’hydrocarbures destinées à être vendues hors du pays, précisant que la commission ministérielle poursuit ses travaux de manière permanente et proactive pour faire face aux défis émergents.

Concernant l’incident tragique ayant coûté la vie à des citoyens mauritaniens sur le territoire malien, le ministre a précisé que l’événement s’est produit hors des frontières nationales, exprimant sa compassion pour les victimes et affirmant que le souci de la Mauritanie pour sa souveraineté territoriale est égalé uniquement par sa préoccupation pour la sécurité et la dignité de ses citoyens, où qu’ils se trouvent.

Le ministre a ajouté que les autorités déploient des efforts intenses pour vérifier les circonstances de cet incident, tout en sensibilisant les citoyens et en renforçant leur conscience des risques liés à la présence dans des zones présentant des troubles sécuritaires.

Enfin, en réponse à une question sur la régularisation des collaborateurs des médias publics, le ministre a confirmé que l’engagement pris par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, concernant la régularisation de la situation professionnelle des collaborateurs des institutions médiatiques publiques, a été exécutée dans des délais record et avec le plus haut degré de transparence.

Le ministre a passé en revue les différentes étapes de ce processus de régularisation, précisant qu’il a été mené selon des mécanismes clairs et organisés, garantissant l’équité aux concernés et renforçant leur stabilité profesionnelle, dans le cadre d’une réforme globale.

Vous connaissez l’expression, « le petit mur »*? (en hassania)

On pourrait penser que tout a déjà été dit sur le dédouanement des téléphones. Pourtant, plus on observe cette mesure, plus il devient nécessaire d’y revenir. Non par plaisir de répéter les mêmes critiques, mais parce qu’elle concentre à elle seule plusieurs contradictions majeures qui posent un vrai problème de cohérence, de légitimité et de conséquences concrètes.

Sur le principe, l’intention peut se comprendre. Un État peut vouloir élargir son assiette fiscale, mieux encadrer les importations informelles et organiser un secteur en pleine croissance. Dit ainsi, l’objectif n’a rien d’absurde. Mais c’est dans la manière de faire que les difficultés apparaissent. Car dans sa mise en œuvre, cette mesure donne surtout l’impression d’une décision prise dans la précipitation, sans coordination suffisante, avec une logique de rendement immédiat qui semble l’emporter sur des considérations pourtant essentielles : la sécurité, la stabilité sociale et la confiance des citoyens. Dans le contexte mondial de l’heure et les lendemains hypothétiques, elle fait tâche!

Le premier problème est d’ordre juridique. Le téléphone visé n’est plus dans une situation classique d’importation. Il a déjà franchi le cordon douanier, il n’est ni en transit, ni en entrepôt (fictif ou réel), ni sous un régime temporaire, ni même entre les mains d’un importateur. Il a déjà été acheté, il est déjà utilisé, il appartient déjà à un citoyen. Autrement dit, on déplace l’acte de taxation vers l’utilisateur final, en dehors du cadre habituel de la perception douanière. Ce glissement n’est pas anodin. Il brouille les repères, affaiblit la lisibilité de l’action publique et finit par donner le sentiment que l’on improvise une règle au lieu d’appliquer un principe clair. Or une mesure n’est vraiment juste que si elle peut s’inscrire dans une logique cohérente, compréhensible et généralisable.

Le deuxième problème est institutionnel. La loi de finances qui sert de base à cette mesure n’a visiblement pas provoqué, au moment de son adoption, le débat sérieux qu’un tel sujet méritait. Il n’y a pas eu de véritable alerte, pas d’opposition forte, pas de contrôle politique à la hauteur des enjeux. Puis, dès que la colère populaire s’est exprimée, beaucoup d’acteurs politiques, dans la majorité comme dans l’opposition, se sont empressés de reprendre le sujet. Ce décalage est révélateur. Il donne l’image d’institutions silencieuses lorsqu’il faut examiner les textes, puis très bavardes quand il devient politiquement rentable de suivre l’opinion. Cela interroge forcément la sincérité du contrôle parlementaire et, plus largement, le sérieux de notre vie publique.

Il y a aussi une contradiction évidente avec les discours répétés sur l’inclusion numérique. Dans un pays où l’accès à Internet reste inégal, où le coût des équipements est déjà un obstacle pour beaucoup, et où la numérisation des services publics avance souvent plus vite que l’accompagnement des citoyens, ajouter une nouvelle charge sur les smartphones revient à compliquer encore davantage l’accès au numérique. On parle d’outil d’inclusion, mais on le rend plus difficile d’accès. On pousse vers le tout-numérique, mais sans toujours laisser d’alternatives humaines ou accessibles. À la fin, ce qui devait être un facteur d’ouverture peut devenir un facteur d’exclusion. Et comme souvent, quand on renchérit artificiellement un produit très demandé, on encourage aussi les circuits parallèles, la fraude et les contournements.

Mais malgré tout cela, il existe un sujet encore plus grave, presque plus inquiétant que les incohérences juridiques, politiques ou sociales de cette mesure : celui de la souveraineté numérique et de la protection des données personnelles. Car ici, il ne s’agit plus seulement d’une taxe ou d’une procédure contestable. Il s’agit de savoir qui contrôle des données sensibles, dans quel cadre, avec quelles garanties et au bénéfice de qui.

C’est d’ailleurs l’un des aspects les plus troublants de cette affaire. Voir un responsable de l’Autorité de Régulation se déployer pour justifier cet octroi, au lieu de lever clairement les doutes qui l’entourent, ne rassure pas. Au contraire, cela nourrit les interrogations. Et cela conduit naturellement à se demander comment un marché aussi stratégique a pu être attribué dans de telles conditions, alors même que l’on nous parle depuis des années d’un tissu d’entreprises nationales présenté comme compétent et performant.

Confier la gestion d’un répertoire inversé national à des entités étrangères, dans des conditions qui restent floues, n’a rien d’anodin. Il ne s’agit pas d’une simple prestation technique parmi d’autres. Un tel outil touche au cœur de l’architecture informationnelle d’un pays. Il peut donner accès, selon son niveau d’intégration, à des données sensibles : identifiants, informations de communication, croisements de fichiers, habitudes d’usage, métadonnées, et parfois bien plus encore. Avec ce type d’outil, on ne manipule pas seulement des données ; on touche à des profils, à des réseaux, à des habitudes, à des interactions. Et cela peut concerner des citoyens ordinaires comme des institutions ou des acteurs économiques.

On a vu dernièrement une géolocalisation précise du porte-avions Charles-de-Gaulle par l’entremise de la connexion à une application de fitness d’un marin à son bord!

Le risque est donc bien réel. Quand des données de cette nature se retrouvent, directement ou indirectement, entre les mains d’acteurs extérieurs, le pays prend le risque de perdre une partie du contrôle sur des informations qui relèvent pourtant de sa souveraineté. Pour les individus, cela signifie une exposition possible à des usages abusifs, à des transferts non maîtrisés, à des exploitations opaques ou à des failles de sécurité pouvant porter atteinte à la vie privée. Pour l’État, cela ouvre la porte à une dépendance technologique dangereuse, à une vulnérabilité informationnelle durable et à une fragilisation de sa capacité à protéger ses propres intérêts stratégiques.

C’est aussi la confiance qui se trouve atteinte. Car la vraie question n’est pas seulement de savoir si les données seront bien utilisées aujourd’hui. Elle est de savoir où elles seront hébergées, sous quelle juridiction elles tomberont, qui pourra y accéder réellement, dans quelles conditions, avec quelles limitations, et quels recours existeront pour les citoyens comme pour l’État en cas d’abus ou de fuite. Sur des sujets aussi sensibles, l’opacité n’est jamais un simple défaut administratif. Elle devient, par elle-même, un problème politique.

À cela s’ajoute un élément qui mérite au minimum des explications claires. Une recherche simple fait apparaître deux entreprises portant la dénomination Infocom International : l’une au Niger, l’autre en France. Les deux ont en commun des dirigeants portant le nom KEFI (à consonance Tunisienne!), un homme dans un cas, une femme dans l’autre. Cela ne prouve pas en soi l’existence d’une irrégularité, mais cela suffit largement à justifier des vérifications sérieuses et une transparence totale. Dans un dossier de cette importance, la moindre ambiguïté sur l’identité des acteurs, leurs liens éventuels, leur structuration, leur responsabilité juridique et leurs capacités techniques devrait être levée publiquement, sans détour.

Au fond, c’est peut-être cela qui choque le plus dans toute cette affaire. On demande aux citoyens de faire confiance, alors même que les règles paraissent floues, que les explications arrivent tard, que les garanties ne sont pas clairement établies et que les enjeux sont considérables. Or la souveraineté numérique ne se traite pas à la légère. La protection des données personnelles non plus. Lorsqu’un État abandonne la maîtrise de ses données, il ne perd pas seulement un marché ou une prérogative technique ; il cède une part de son autonomie, de sa sécurité et de sa crédibilité.

Cette mesure illustre finalement un défaut devenu trop fréquent dans l’action publique : des politiques conçues pour afficher une intention de modernisation ou de bonne gouvernance, mais dont la cohérence réelle, la solidité juridique et l’efficacité pratique ne résistent pas à l’examen. L’intention peut être défendable. Mais sans rigueur dans la conception, sans respect des cadres juridiques et sans vision d’ensemble, une réforme finit souvent par produire l’inverse de ce qu’elle prétend rechercher.

Que l’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas le Président, le Premier ou dernier Ministre et encore moins le maire de Katmandu!

Non et non! C’est notre responsabilité à tous, chacun depuis son point d’étape d’une procédure, d’un visa, d’un cachet !

Sans détour, je vous le dis, notre grand handicap, c’est la Gouvernance, celle qui affine, régule, développe et protège, la Bonne Gouvernance.

Sachez que la solution est à bonne portée chez chacun d’entre-nous : dire Non depuis sa position en toute situation quand l’intérêt général est spolié, affecté.

Non,est la meilleure et la plus forte arme.

* le petit mur: le souffre-douleur, la tête de turc

Mauritanie : appel national à la rationalisation de la consommation des hydrocarbures

Exacerbée par des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment en Iran, la hausse continue des prix des hydrocarbures sur les marchés mondiaux au cours du mois de mars 2026,  a poussé plusieurs gouvernements à lancer des appels urgents à la rationalisation de la consommation de carburant.

C’est le cas également pour la Mauritanie, dont le ministère chargé l’Énergie et du Pétrole a lancé appel à un élan national à la modération dans l’utilisation des hydrocarbures.

Ledit Département ministériel a demandé dans un communiqué à tous les citoyens à s’engager dans cet élan national général et à faire de cette orientation une priorité absolue au vu de la situation internationale actuelle et des hausses continues des prix du pétrole et de ses dérivés qu’elle a engendrées.

La phase actuelle exige la conjugaison des efforts de tous, l’abandon des comportements de gaspillage des ressources, et l’établissement d’une culture de consommation responsable et rationnelle, en tant que pilier fondamental pour faire face aux défis et assurer la stabilité de l’économie nationale, indique le ministère, illustrant son appel par le proverbe : “Il n’y a pas d’abondance avec le gaspillage, ni de pénurie avec la gestion.”

Toujours selon le gouvernement mauritanien, l’adoption de comportements plus conscients dans la consommation d’essence et de diesel, ainsi que la rationalisation de l’utilisation de l’électricité et de l’éclairage domestique, aurait un impact positif sur les budgets de l’État et des ménages, et renforcerait la préparation du pays à faire face à d’éventuelles perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.

A l’instar des pays importateurs de carburant, la Mauritanie continue de faire face à des défis croissants liés à la sécurisation des approvisionnements et au maintien des équilibres économiques, dans un contexte de volatilité des marchés internationaux et de hausse des prix, ajoute ledit communiqué.

Le gouvernement a déployé des efforts considérables au cours de la période écoulée pour atténuer les répercussions de ces hausses sur les citoyens et les acteurs économiques, en contrôlant les prix, voire en les réduisant dans certains cas, comme c’est le cas pour l’essence, lit-on.

Dans le même contexte, le gouvernement a continué, malgré l’aggravation de la crise internationale et la hausse des prix, à supporter une part importante du coût des carburants, en soutien au pouvoir d’achat des citoyens et pour garantir la stabilité du marché national, souligne le Ministère.

La persistance des pressions externes, l’augmentation du coût des importations, ainsi que les défis liés à la production et au raffinage, imposent cependant l’adoption d’une approche plus globale et réaliste, garantissant la participation de tous les acteurs à cet effort national, poursuit le communiqé.

Le ministère a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre les réformes visant à développer le secteur de l’énergie, en augmentant les capacités de stockage, en valorisant les ressources nationales, notamment le gaz, et en accélérant le rythme des investissements dans les énergies renouvelables, afin de renforcer la sécurité énergétique durable et de limiter les effets des fluctuations externes

Taazur : Recadrage urgent – substitution ou complémentarité avec les départements sectoriels pour un changement social équitable

La TAAZOUR, créée par le décret n°385-2019 du 29 novembre 2019 et rattachée à la Présidence de la République, n’a jamais été conçue comme un simple super-ministère ni comme un substitut aux départements sectoriels.

Dès l’origine, sous l’impulsion de Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, sa mission demeure claire : corriger les inégalités structurelles, éliminer les barrières sociales et économiques, et garantir un accès équitable aux services de base pour les populations les plus vulnérables. C’est ce cadre légal, souvent rappelé mais parfois peu appliqué, qui doit aujourd’hui redevenir la boussole de l’action publique.

Il serait injuste de ne pas reconnaître les progrès réalisés sous l’ancien leadership. Sous la direction de Cheikh Ould Bedde, une dynamique nouvelle a été lancée, marquée par une volonté affirmée de rapprocher l’institution des citoyens. L’ouverture d’antennes dans des zones vulnérables telles que Bousteila et Mbout a constitué une étape politique majeure, rompant avec une gestion centralisée et déconnectée des réalités du terrain. La présence territoriale a permis de renouer un lien direct avec les populations, dans un esprit de dignité, d’écoute et d’efficacité.

Cependant, la proximité seule ne suffit pas à garantir des résultats durables sans une stratégie claire et cohérente. C’est tout l’enjeu du travail actuel mené par le délégué général Sidi Ould Moulaye Zeine, qui s’efforce de réaffirmer le positionnement de TAAZOUR dans une logique de complémentarité avec les ministères techniques. Il ne s’agit ni de dupliquer les actions ni de se substituer à ces secteurs, mais d’intervenir là où les politiques publiques rencontrent leurs limites : l’accès effectif aux services pour les populations vulnérables.

L’exemple récent du secteur éducatif illustre parfaitement cette approche. En coordination avec le ministère de l’Éducation et le Commissariat à la sécurité alimentaire, la mise en place d’internats à Bousteila et Ouadane, intégrant restauration scolaire et encadrement pédagogique, montre que TAAZOUR peut jouer un rôle déterminant sans empiéter sur les prérogatives des autres institutions. Elle agit sur les déterminants sociaux de l’éducation — pauvreté, conditions de vie, nutrition — et facilite l’accès à l’école pour ceux qui en sont le plus éloignés.

Néanmoins, les moyens importants dont dispose l’institution doivent être utilisés avec vigilance. Ils constituent un levier puissant de transformation, mais peuvent aussi entraîner des dérives, notamment en privilégiant des investissements lourds dans les infrastructures au détriment d’actions plus simples, moins coûteuses et souvent plus efficaces pour les populations pauvres. Le risque est de privilégier des projets visibles mais peu impactants concrètement sur la vie des plus vulnérables.

La véritable transformation sociale passe aussi — et peut-être surtout — par des initiatives de proximité à forte rentabilité sociale et économique. Investir dans la transformation des produits agricoles, soutenir la valorisation des ressources forestières non ligneuses, développer l’agroforesterie ou appuyer la mise en marché de produits locaux tels que le lait et la viande sont autant d’actions concrètes capables de générer des revenus durables pour les ménages.

De même, des interventions ciblées dans les services de base peuvent produire des effets immédiats : soutien aux jardins scolaires pour renforcer la nutrition, amélioration des conditions de logement des enseignants dans les zones vulnérables pour stabiliser le système éducatif, dotation en latrines et en électricité dans les écoles pour créer un environnement digne et fonctionnel. Bien que modestes en apparence, ces actions sont souvent les plus visibles et les plus impactantes pour les populations.

L’efficacité de ces interventions repose toutefois sur un aspect souvent sous-estimé : le changement de comportement. Sans sensibilisation à la nutrition, à l’hygiène, à la valorisation des ressources locales et à l’importance de l’éducation, ces investissements risquent d’avoir un impact limité. L’accompagnement social et éducatif doit donc être au cœur de toute stratégie.

Ce double mouvement — ancrage territorial hérité de l’ancienne direction et clarification stratégique portée par la nouvelle — offre aujourd’hui une opportunité unique de refonder l’action de TAAZOUR sur des bases plus solides. Il ne s’agit pas d’opposer ces approches, mais de les articuler dans une vision cohérente, respectueuse du cadre légal et orientée vers des résultats concrets.

Au-delà de l’institution, l’enjeu est celui de la crédibilité de l’action publique. Une TAAZOUR fidèle à sa mission, complémentaire des autres secteurs et proche des citoyens, peut devenir un levier majeur de transformation sociale. À l’inverse, toute tendance à la substitution ou à la dispersion des efforts risquerait d’en limiter l’impact.

Le recadrage en cours envoie un message fort : il démontre qu’il est possible de concilier ambition politique, rigueur institutionnelle et efficacité sociale. Sa réussite dépendra cependant d’une seule chose : la capacité à transformer cette vision en résultats tangibles, perceptibles dans le quotidien des Mauritaniens les plus vulnérables.

Hamadi Bneijara

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