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Pour une retraite décente en Mauritanie : Finissons-en avec la dépendance prolongée à l’emploi

La réforme des retraites en Mauritanie constitue aujourd’hui un enjeu majeur, à la fois social, économique et générationnel. Face à la faiblesse persistante des pensions versées aux retraités, les pouvoirs publics ont privilégié, ces dernières années, une solution consistant à prolonger la durée d’activité des agents publics. L’âge légal de départ à la retraite a ainsi été porté à 63 ans pour les fonctionnaires et à 68 ans pour les enseignants du supérieur.

Dans certains cas, des retraités sont également nommés à la présidence de conseils d’administration d’établissements publics afin de compléter leurs revenus grâce aux salaires, indemnités et jetons de présence associés à ces fonctions.

Si ces mesures visaient à préserver un niveau de vie minimal pour les retraités, elles révèlent aujourd’hui leurs limites. Le relèvement de l’âge de départ à la retraite ne constitue pas une réponse structurelle à la faiblesse des pensions. Il ne fait que repousser le problème tout en maintenant les futurs retraités dans une dépendance prolongée à l’emploi public pour garantir des revenus décents.

Une administration qui peine à se renouveler

Cette situation produit des effets importants sur le fonctionnement de l’administration et sur le marché de l’emploi. Le maintien prolongé des agents en activité ralentit le renouvellement des effectifs, limite l’accès des jeunes diplômés à l’emploi public et freine l’émergence de nouvelles compétences et de nouvelles méthodes de gestion.

Dans un pays dont la population est majoritairement jeune, cette réalité est particulièrement préoccupante. Le chômage et le sous-emploi des jeunes demeurent des défis majeurs. Or, l’occupation prolongée des postes par des agents proches de la retraite réduit les perspectives professionnelles de toute une génération et nourrit un sentiment de frustration face au manque d’opportunités.

Par ailleurs, cette politique exerce une pression croissante sur la masse salariale de l’État et contribue parfois à une concentration des responsabilités au sein d’une même génération, au détriment du renouvellement institutionnel.

Le cas particulier des enseignants du supérieur

La situation des enseignants du supérieur illustre particulièrement les contradictions du système actuel.

En fixant leur âge de départ à la retraite à 68 ans alors que l’espérance de vie en Mauritanie se situe autour de ce même niveau, le système conduit certains enseignants à exercer leur activité professionnelle pratiquement jusqu’à la fin de leur vie active. Après plusieurs décennies de service, beaucoup disposent alors de peu de temps pour profiter réellement de leur retraite.

Cette réalité soulève une question fondamentale de justice sociale et de dignité humaine. La retraite ne doit pas être considérée uniquement comme un mécanisme financier. Elle représente également un droit au repos, à la sécurité économique et à une vie décente après une longue carrière au service de la collectivité.

Les limites des nominations de retraités

La pratique consistant à nommer certains retraités à des postes de présidents de conseils d’administration constitue également une solution de circonstance dont les effets demeurent limités.

Si ces nominations permettent à quelques bénéficiaires de maintenir un niveau de revenu acceptable, elles ne concernent qu’une minorité de retraités. Elles créent des inégalités entre anciens fonctionnaires, alourdissent les charges des établissements publics et réduisent les possibilités d’accès des jeunes cadres aux postes de responsabilité.

Surtout, elles entretiennent une dépendance excessive à l’égard des nominations administratives ou politiques pour compenser l’insuffisance des pensions. Une telle approche ne saurait remplacer une réforme durable du système de retraite.

Relever les pensions pour restaurer la dignité des retraités

L’objectif de la réforme ne devrait plus être de maintenir artificiellement les agents en activité, mais de garantir aux retraités des revenus suffisants leur permettant de vivre dignement sans être contraints de continuer à travailler.

Dans cette perspective, le relèvement des pensions à hauteur de 80 % du dernier salaire net constituerait une avancée sociale majeure. Toutefois, cette mesure ne produirait pleinement ses effets que si elle s’accompagnait d’un mécanisme d’indexation régulière sur l’évolution du coût de la vie.

L’inflation et la hausse continue des prix des produits de première nécessité réduisent progressivement le pouvoir d’achat des retraités. Sans indexation, même une pension revalorisée finit par perdre une partie importante de sa valeur réelle. Préserver durablement la dignité des retraités implique donc de protéger leurs revenus contre l’érosion monétaire.

Un investissement pour l’avenir

Les données démographiques plaident en faveur d’une telle réforme. La Mauritanie dispose d’une population jeune, l’espérance de vie demeure relativement modérée comparativement à de nombreux pays, et le nombre de cotisants potentiels pourrait augmenter grâce à une meilleure insertion professionnelle des nouvelles générations.

Une réforme ambitieuse des pensions permettrait d’améliorer les conditions de vie des retraités tout en favorisant le renouvellement des effectifs au sein de l’administration. Elle ouvrirait davantage de perspectives aux jeunes diplômés, encouragerait l’innovation dans les institutions publiques et contribuerait à dynamiser l’économie nationale.

La réforme des retraites ne doit donc pas être perçue comme une simple charge budgétaire. Elle constitue un investissement stratégique dans la cohésion sociale, la justice intergénérationnelle et le développement du pays.

Construire un modèle de retraite plus humain

La Mauritanie ne peut durablement construire son avenir en maintenant ses jeunes à l’écart du marché du travail pendant que des retraités continuent d’occuper les mêmes fonctions faute de pensions suffisantes.

Le véritable enjeu est désormais de bâtir un système de retraite plus humain, plus juste et mieux adapté aux réalités démographiques et sociales du pays. Un système fondé à la fois sur la dignité des anciens, qui ont consacré leur vie au service de la nation, et sur l’intégration effective des nouvelles générations dans la vie économique et administrative.

C’est à cette condition que la réforme des retraites pourra devenir un véritable levier de progrès social et de développement national.

 

Par Salem ABEIDNA, professeur en économie, ancien doyen de la faculté des Sciences Juridiques et de l’Economie

Nouakchott : Double séance de dédicace avec El Boukhary El Mouemel et Mohamed Saleck Brahim

Les illustres écrivains mauritaniens El Boukhary Mohamed El Mouemel et Mohamed Saleck Brahim organisent tous les deux une cérémonie de dédicace le samedi prochain 6 juin à la Librairie Joussour Abdel Aziz, dans le centre-ville de Nouakchott, à 17h.

Le premier pour son livre en français « TOUT SIMPLEMENT, ma plume en errance dans trois souffles… S’évader, observer, lire»

Le second pour son œuvre « Lampedusa: le migrant zéro » ; un roman humain et poignant qui plonge au cœur de l’expérience migratoire, racontant les douleurs et les espoirs des inconnus face à l’incertitude.

Située sur la rue El Qhods, la librairie Joussour Abdel Aziz juxtapose le restaurant « Ambassador », en face de l’ambassade de Tunisie.

Souveraineté et non-ingérence : la leçon de sagesse d’Ahmed Issa El Yedaly

Chaque fois qu’un pays frère ou ami connaît des évolutions ou des tensions politiques internes, nous observons le même scénario se répéter. Certains de nos écrivains et activistes se précipitent pour prendre position, comme s’ils faisaient partie d’une équation qui ne les concerne pas.

Ils soutiennent un camp contre un autre, adoptent des positions tranchées et émettent des jugements avec assurance sur une réalité complexe dont ils ne maîtrisent pas toutes les données.

Ce comportement ne sert personne, et il ne sert surtout pas les intérêts de notre pays.

Les dynamiques internes des États relèvent d’abord des populations concernées. Elles en connaissent mieux les contextes, et elles sont les mieux placées pour les gérer selon leurs équilibres, leurs institutions et leurs intérêts nationaux.

La sagesse exige de comprendre que s’engager dans ces tensions, même par la parole, peut nous placer — sans intention — du côté d’un camp contre un autre, ce qui ne devrait pas arriver.

Prenons notre environnement immédiat comme exemple : des pays frères, dotés d’institutions solides et d’élites politiques conscientes, traversent parfois des moments de tension ou de désaccord. Mais ils disposent de l’expérience et des ressources nécessaires pour les gérer eux-mêmes.

Notre rôle n’est ni de prendre parti, ni de juger de l’extérieur, ni de transformer les espaces numériques en tribunaux pour des questions qui ne nous concernent pas. Ce qui est prioritaire, c’est le sens de la responsabilité et une certaine humilité politique.

La Mauritanie n’a pas besoin d’importer des tensions, ni d’ouvrir des fronts verbaux avec son environnement naturel. Les intérêts des États se construisent dans le calme, le respect et une bonne appréciation des situations, non dans les réactions impulsives ou l’enthousiasme momentané.

La liberté d’expression est une valeur, certes. Mais il existe une différence claire entre exprimer une opinion et s’aligner sur un camp, entre s’intéresser à un sujet et en faire un combat personnel.

Il est contradictoire d’exiger des autres le respect de notre souveraineté et de nos choix, et de tomber dans la même erreur lorsqu’il s’agit de leurs affaires internes.

L’État dispose de ses propres canaux, de ses calculs et de sa position dans la gestion de ses relations extérieures. Quant aux individus, dans ce type de dossiers, leur parole peut dépasser le simple avis et se transformer facilement en un fardeau inutile.

Nous vivons dans une région qui a besoin d’apaisement, non de provocations ; de construction de la confiance, non de son épuisement.

La sagesse n’est pas de dire tout ce que l’on sait ou croit savoir, mais de savoir quand s’abstenir d’intervenir dans les affaires des autres, et quand la maîtrise de soi constitue en soi un véritable service à l’intérêt national.

Ahmed Issa El Yedaly

Contre les extrémismes : reconstruire la promesse nationale

La Mauritanie traverse une époque délicate. Les tensions sociales, les frustrations accumulées, les discours de rupture et les radicalités identitaires occupent désormais une place importante dans l’espace public. Les réseaux sociaux amplifient les colères, simplifient les débats et enferment chacun dans son propre camp. Dans ce climat, certains choisissent l’exagération permanente, d’autres cultivent la peur, d’autres encore transforment les blessures réelles en instruments de confrontation politique. Pourtant, aucun pays ne se construit durablement contre lui-même.

La question haratine se situe au cœur de cette épreuve nationale. Elle ne peut être ni niée, ni caricaturée, ni instrumentalisée. Les Haratines ont porté le poids d’injustices historiques profondes. Cette réalité appartient à la mémoire nationale et personne de sérieux ne peut prétendre l’effacer. Pendant longtemps, une partie importante de la population est restée éloignée des centres de pouvoir, des opportunités économiques, de l’éducation de qualité et des mécanismes de promotion sociale. Les séquelles de cette histoire continuent d’exister dans les mentalités, dans certaines structures sociales et dans les inégalités visibles entre territoires et catégories sociales.

Mais reconnaître cette réalité n’implique pas de transformer la société mauritanienne en champ de guerre identitaire permanent. Le courage politique consiste précisément à tenir ensemble deux vérités : l’existence d’injustices réelles et la nécessité absolue de préserver l’unité nationale. Ceux qui refusent de voir les discriminations se trompent. Mais ceux qui présentent la Mauritanie comme une coexistence impossible entre communautés se trompent tout autant.

Le pays avance, parfois lentement, parfois imparfaitement, mais il avance. Il suffit d’observer l’évolution de l’administration, de l’armée, de l’université, des médias ou encore des institutions publiques pour constater que des changements profonds sont intervenus au cours des dernières décennies. Les Haratines occupent aujourd’hui des positions qu’ils ne pouvaient atteindre autrefois. Des cadres émergent, des entrepreneurs réussissent, des intellectuels s’imposent dans le débat public, une nouvelle génération prend confiance en elle-même et revendique sa place avec légitimité. Cette transformation n’est pas un hasard. Elle est le résultat des combats menés par des militants, des réformes engagées par l’État et d’une évolution progressive de la société.

Sous la présidence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, cette dynamique a connu une accélération notable à travers des politiques sociales plus ambitieuses, des programmes de lutte contre la pauvreté et une volonté affichée d’intégration économique des catégories les plus fragiles. Tout n’est évidemment pas réglé. Les attentes restent immenses. Mais nier les avancées reviendrait à décourager toute perspective de réforme pacifique et graduelle.

La discrimination positive, qu’on l’approuve totalement ou non, a produit des effets. Elle a permis d’ouvrir des portes longtemps fermées. Elle a favorisé une représentation plus équilibrée dans plusieurs secteurs. Elle a créé des symboles importants pour une jeunesse qui a besoin de voir que l’ascension sociale est possible. Cette politique n’a pas vocation à durer éternellement. Toute discrimination positive est, par définition, transitoire. Son objectif n’est pas d’installer une société de quotas permanents, mais de corriger un déséquilibre historique jusqu’à ce qu’un niveau acceptable d’égalité des chances soit atteint.

Le véritable danger aujourd’hui vient des extrémismes de tous bords. Certains veulent enfermer les Haratines dans une identité uniquement victimaire, comme si leur avenir ne pouvait se construire que dans la confrontation permanente avec le reste de la société. D’autres réagissent à toute revendication sociale en y voyant une menace communautaire. Ces deux attitudes nourrissent la même impasse : la fragmentation nationale.

Or, aucun groupe mauritanien ne peut espérer prospérer dans un pays fracturé. Les problèmes de la Mauritanie dépassent largement une seule communauté. Le chômage frappe toutes les composantes du pays. La pauvreté touche toutes les régions. Les défis éducatifs concernent l’ensemble des familles. La question du développement, de la santé, de l’accès à l’eau, de l’emploi des jeunes ou de la modernisation économique n’épargne personne. Dans une société aussi interdépendante que la nôtre, personne ne se sauvera seul.

Il faut également avoir le courage de dire que les discours de haine produisent des dégâts profonds. Ils installent la méfiance au cœur du tissu national. Ils poussent les jeunes vers les réflexes identitaires au lieu de les orienter vers le travail, la compétence et la construction collective. Ils fabriquent une vision paranoïaque du pays où chaque décision publique est interprétée à travers un prisme ethnique ou communautaire. À terme, cette logique détruit la confiance indispensable à toute nation viable.

La Mauritanie n’a pas besoin d’une compétition des mémoires blessées. Elle a besoin d’un récit commun capable de reconnaître les souffrances sans fabriquer de nouvelles fractures. Les nations solides ne sont pas celles qui n’ont jamais connu d’injustices ; ce sont celles qui réussissent à transformer leurs blessures en projet collectif.

Cela exige de chacun un effort de responsabilité. L’État doit poursuivre les politiques d’équité sociale avec davantage d’efficacité, de transparence et de courage. Les élites doivent abandonner les calculs de polarisation qui leur offrent une visibilité immédiate mais fragilisent le pays à long terme. Les intellectuels et les médias doivent refuser les simplifications dangereuses. Quant aux citoyens, ils doivent comprendre que l’avenir national dépend d’une coexistence apaisée.

La question nationale mauritanienne dépasse largement le cadre d’un simple dialogue politique ou d’un compromis électoral. Elle touche à quelque chose de plus profond : la possibilité même de construire une communauté de destin. Aucun texte juridique, aucune conférence et aucun slogan ne suffiront si les Mauritaniens cessent de croire qu’ils partagent un avenir commun.

L’unité nationale n’est pas une formule officielle destinée aux cérémonies. Elle est une nécessité vitale. Dans un monde traversé par les conflits identitaires, les replis communautaires et les radicalisations, préserver la cohésion d’un pays fragile relève presque d’un devoir historique.

La Mauritanie a connu des tensions, des injustices et des périodes difficiles. Mais elle possède aussi des ressources considérables : une longue tradition de coexistence, des solidarités sociales puissantes, une culture du dialogue et une jeunesse qui aspire davantage à la stabilité qu’au chaos. C’est sur ces forces qu’il faut construire.

Attiser le feu est toujours plus facile que bâtir la confiance. Détruire l’idée nationale prend quelques discours ; la reconstruire demande des années. C’est pourquoi le combat contre les extrémismes doit devenir une responsabilité collective. Non pour étouffer les revendications légitimes, mais pour empêcher que la colère ne détruise le pays lui-même.

Car au bout du compte, aucune communauté ne gagnera dans une Mauritanie divisée. Mais tous les Mauritaniens peuvent gagner dans une Mauritanie réconciliée avec elle-même.

Sneiba Mohamed

Cultures et civilisations ouest africaines

On peut schématiquement dire que la culture est un mode de vie spécifique à un groupe défini et surtout plus localisé et couvre globalement la religion, l’art les us et usages traditionnels, elle est surtout la partie immatérielle quand elle est incluse dans une civilisation comme elle peut être indépendante d’elle. La culture est souvent immatérielle (religion, art, traditions). La civilisation intègre fortement des aspects matériels (technologies, villes, lois, administration). La civilisation est perçue comme un stade plus évolué et structuré de l’organisation sociale, résultant de progrès techniques
Au Mali les Mandingues sont connus pour leur culture de musique généalogique, les griots et les divinités du serpent. On peut aussi dire la culture de pasteurs nomades Fulan et la place du Koussam et de leur totem bovin, leurs codes de conduite basés sur la discrétion et le courage, les Dogons célèbres par la chasse leur cosmogonie complexe et ses rites. La plus ancienne culture est la Culture Nok au Nigeria.
Les civilisations de l’Afrique de l’ouest sont celles de l’empire du Ghana (VIIIe – XIIIe siècle), connu sous le nom de « Wagadou, l’empire du Melli devenu Mali (XIIIe – XVIe siècle), fondé par Soundiata Keïta, il est devenu l’un des États les plus riches au monde, l’empire Songhaï (XVe – XVIe siècle), succédant l’empire du Melli, il fut le plus vaste des empires ouest-africains, détruit par l’invasion marocaine au mousqueton et son Djouder en 1591, l’empire de 1000 ans a été celui du Kanem-Bornou autour du lac Tchad, l’empire forestier d’Asante (Ghana actuel), esclavagiste et les Cités Haoussa et les mossis au Nigeria et Burkina
Sid Ethmane Khtour dit Dah

LA CLÉ INUTILE

J’ai vu des gens se déchirer pour une vidéo de 12 secondes.
Même langue. Même terre. Même sang.
D’ici et de là-bas, le constat est le même.
La confusion tient lieu de cap.
L’algorithme distribue les rôles : héros à l’aube, traître au crépuscule.
Nous sommes dans une aporie.
Un piège dont on a perdu la clé.
On cherche la confiance pour guérir de la misère.
Mais c’est la misère qui a tué la confiance. L’homme est redevenu un loup pour l’homme.
On cherche le silence pour calmer la meute.
Mais la meute ne vit que du bruit de l’écran.
On cherche la vérité pour éteindre le feu.
Mais la vérité meurt étouffée sous des milliers de vidéos de 12 secondes.
L’impasse est là :
Nous utilisons le poison comme remède.
Nous partageons la haine en réclamant la paix.
Nous applaudissons la sentence avant d’avoir entendu le procès.
Le cercle est parfait. Et nous tournons dedans.
Les yeux baissés sur nos téléphones. Le cœur barricadé.
Je n’ai pas de solution à crier.
J’ai une question qui m’obsède, ici comme ailleurs :
Qui a fabriqué la clé de cette prison ?
Et pourquoi la laisse-t-il entre nos mains sans nous dire qu’elle n’ouvre plus rien ?
J’espère qu’on cessera de tourner avant que le vertige nous fasse tomber.

Moctar Sissako

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